Publié le 2024-02-29 14:35:00. La perte de poids rapide, notamment grâce aux traitements GLP-1, peut entraîner des changements notables au niveau du visage. Une chirurgienne plasticienne du visage explique comment anticiper ces modifications et quelles solutions existent pour préserver l’harmonie du visage, même pour celles et ceux qui n’ont jamais eu recours à des interventions esthétiques.
- La perte de graisse faciale associée aux traitements GLP-1 n’est pas due au médicament lui-même, mais à la rapidité de la perte de poids.
- Les premiers 10 kilos perdus ont généralement un effet positif sur l’apparence du visage, mais un soutien structurel devient nécessaire par la suite.
- Il est préférable d’entreprendre des soins esthétiques progressifs plutôt que d’attendre d’avoir atteint son objectif de poids pour agir.
Les traitements médicamenteux de perte de poids, comme ceux basés sur les agonistes du GLP-1 (glucagon-like peptide-1), sont de plus en plus populaires. Cependant, cette perte de poids rapide peut avoir des conséquences sur l’apparence du visage, un phénomène parfois surnommé le « visage Ozempic ». La chirurgienne plasticienne du visage Kay Durairaj, basée à Pasadena, en Californie, explique que ces changements ne sont pas directement liés au médicament, mais à la vitesse à laquelle le corps perd de la graisse.
Selon le Dr Durairaj, les patients peuvent perdre jusqu’à 7 à 10 % de la graisse de leur visage en un laps de temps relativement court.
« Cette déflation rapide affecte le support et la gravité, conduisant à un affaissement et à un creux souvent appelés « visage ozempique ». »
Kay Durairaj, chirurgienne plasticienne du visage
Elle souligne l’importance d’informer les patients de ce risque potentiel avant de commencer un traitement GLP-1, afin qu’ils puissent se préparer et envisager des solutions adaptées.
La perte de poids initiale, jusqu’à environ 10 kilos, est généralement bénéfique pour l’apparence du visage, affinant les traits. Cependant, lorsque la perte de poids se poursuit, les coussinets graisseux plus profonds s’amincissent, ce qui peut entraîner un vieillissement prématuré du visage.
« Les patients arrivent avec une apparence fabuleuse après avoir perdu 30 livres (environ 13,6 kg), mais ils me disent ensuite qu’ils ont l’impression que leur visage paraît soudainement plus vieux. »
Kay Durairaj, chirurgienne plasticienne du visage
C’est à ce moment-là qu’un soutien structurel du visage devient essentiel.
Le Dr Durairaj déconseille d’attendre d’avoir atteint son objectif de poids pour commencer à prendre soin de son visage. Elle recommande plutôt une approche progressive, avec des interventions légères et régulières.
« Si vous effectuez un petit entretien en cours de route, ce sera mieux que d’attendre de faire le Monty complet à la fin. »
Kay Durairaj, chirurgienne plasticienne du visage
Retarder le traitement peut rendre la guérison plus difficile et les résultats moins naturels.
Il est également important de distinguer les produits de comblement classiques des biostimulateurs de collagène. Les produits de comblement traditionnels visent à remplacer immédiatement le volume perdu, tandis que les biostimulateurs de collagène stimulent la production naturelle de collagène par l’organisme. Le Dr Durairaj explique que les traitements GLP-1 peuvent également affecter la qualité de la peau, la rendant plus fine et plus fragile.
« Nous constatons de réels changements cutanés. La peau paraît plus crépue et devient plus fine. »
Kay Durairaj, chirurgienne plasticienne du visage
Dans ce cas, la reconstruction de la structure de la peau est aussi importante que le simple ajout de volume.
Pour soutenir les ligaments du visage et améliorer la qualité de la peau, le Dr Durairaj privilégie l’utilisation de produits hyper-dilués comme le Radiesse ou le Sculptra. Elle injecte ces produits autour des ligaments du visage pour créer un effet de soutien en profondeur.
« J’adore injecter autour des ligaments du visage car vous obtenez un effet résille qui soutient tout le milieu du visage. »
Kay Durairaj, chirurgienne plasticienne du visage
L’objectif est d’obtenir un effet liftant et une amélioration de la fermeté de la peau, sans pour autant donner un aspect artificiellement gonflé.
Le Dr Durairaj recommande une séance de stimulation du collagène tous les 10 kilos perdus. Cette approche progressive permet au visage de s’adapter à la perte de poids et d’éviter des corrections trop importantes par la suite. Enfin, elle rassure quant à l’utilisation de biostimulateurs de collagène, affirmant qu’ils ne compliquent pas les futures interventions chirurgicales.
« Il n’y a eu aucune validation scientifique de ce concept. »
Kay Durairaj, chirurgienne plasticienne du visage
En conclusion, la perte de poids induite par les traitements GLP-1 ne signifie pas nécessairement que l’apparence du visage est compromise. Le Dr Durairaj encourage les patients à consulter un professionnel dès le début du traitement pour discuter des options disponibles et préserver l’harmonie de leur visage.
« Je veux vous voir au début, pour savoir quoi préserver. »
Kay Durairaj, chirurgienne plasticienne du visage
Avec un timing réfléchi et une approche personnalisée, les injections esthétiques peuvent être utilisées comme un entretien régulier, plutôt que comme une correction radicale.
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