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Rencontrez l’aristocrate réticent qui a rendu son domaine à la nature

by Thomas Caron

Publié le 11 janvier 2026 à 07h02. Randal Plunkett, nouveau baron Dunsany, raconte dans ses mémoires comment il a choisi de laisser la nature reprendre ses droits sur le domaine familial, un pari audacieux pour l’environnement et une quête personnelle d’épanouissement.

  • Randal Plunkett a hérité du titre de baron Dunsany et du château familial à l’âge de 28 ans.
  • Il a pris la décision de laisser le domaine de 1 600 acres (environ 647 hectares) se réensauvager.
  • Ses mémoires, Chose sauvage, témoignent de cette transformation et d’un appel à la protection de l’environnement.

À 28 ans, Randal Plunkett se retrouve héritier d’un titre de noblesse, celui de baron Dunsany, ainsi que d’un château et d’un vaste domaine de 1 600 acres (647 hectares). Loin d’embrasser pleinement ce rôle, l’aristocrate a rapidement envisagé une voie différente pour Dunsany : la rendre à la nature. Aujourd’hui, le domaine est en pleine renaissance sauvage, un contraste saisissant avec les siècles d’exploitation agricole par ses ancêtres.

Dans ses mémoires, Chose sauvage, Randal Plunkett relate son parcours personnel et sa vision pour l’avenir de Dunsany. Il décrit un château délabré, un fardeau financier et émotionnel, mais aussi une opportunité de créer un espace où la nature peut prospérer. Il s’agit d’un témoignage poignant sur la manière dont un “calice empoisonné” peut se transformer en un projet porteur d’espoir et d’un avenir plus durable.

Un souvenir précis, évoqué dans le livre, illustre ce tournant. C’était à la fin du printemps, lors d’une promenade habituelle dans les terres. L’herbe, haute et luxuriante, dépassait l’épaule de l’auteur, ses graines effleurant ses lèvres. L’air était doux et chaud sur sa peau.

Le domaine avait radicalement changé. Les anciennes prairies étaient méconnaissables, baignées de teintes jaunes et vertes sous le soleil. Les clôtures barbelées, autrefois omniprésentes, étaient envahies par les chardons et les orties, promises à disparaître sous une couverture végétale. Cela faisait trois ans que le dernier animal de ferme avait quitté ces lieux. La nature reprenait le dessus, avec une végétation foisonnante, des fleurs sauvages épanouies et une terre qui semblait gagner en assurance.

Lors d’une promenade, il découvre une clairière au milieu des séquoias et des sapins de Douglas. Au centre, un arbre mort, en décomposition, abrite une multitude de champignons, de mousses et de lichens. La lumière du soleil filtre à travers les branches, créant un jeu d’ombres fascinant. Des millions d’insectes bourdonnent, des oiseaux chantent, et la vie grouille partout autour de lui.

Il se souvient d’une époque où seuls les corbeaux brisaient le silence, leurs croassements lui semblant alors être des présages funestes. Mais aujourd’hui, un véritable orchestre d’oiseaux chanteurs remplit l’air. Le monde semble vibrer d’énergie.

Soudain, il aperçoit un groupe de cerfs élaphes : un jeune mâle sans bois et trois biches. Ils l’observent, immobiles, sans crainte. Leur regard se croise, et pendant un long moment, ils restent figés, comme suspendus dans le temps. Le cerf, en particulier, semble le fixer avec une curiosité intense.

Dans cet instant de connexion profonde, Randal Plunkett ressent un sentiment de fierté et d’émerveillement. Il a créé un espace sûr pour ces animaux, un refuge où ils peuvent vivre en harmonie avec la nature. Il réalise alors que sa mission de vie est de faire de son mieux avec le peu qu’on lui a confié, de protéger et de préserver ce coin de nature sauvage.

Ce moment marque le début d’une nouvelle vie, consacrée au réensauvagement de Dunsany. Il comprend que ce projet n’est pas une simple fantaisie, mais l’œuvre de sa vie.

Chose sauvage est publié par Bonnier Books.

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