Publié le 18 décembre 2025. À l’approche du solstice d’hiver, un recueil de haïkus provenant du monde entier capture des moments fugaces de réflexion, de nostalgie et de connexion avec la nature, offrant un aperçu intime des émotions humaines universelles.
- Des poètes amateurs et confirmés de divers pays ont partagé leurs haïkus, explorant des thèmes tels que la mémoire, la perte, l’espoir et la beauté éphémère de la saison.
- Les contributions reflètent un large éventail d’expériences personnelles, allant de souvenirs d’enfance à des observations poignantes sur le monde contemporain.
- La chronique du réseau Asahi Haikuist, dirigée par David McMurray depuis 1995, continue de promouvoir cet art poétique concis et expressif.
Les haïkus, ces courts poèmes japonais traditionnels, invitent à la contemplation et à la capture d’un instant précis. Cette collection, rassemblée par le réseau Asahi Haikuist, témoigne de la capacité de cet art à transcender les frontières culturelles et à toucher le cœur des lecteurs. Les poèmes abordent des sujets variés, allant de la mélancolie face au passage du temps à la joie simple des moments partagés en famille.
Plusieurs auteurs partagent des souvenirs d’enfance empreints de nostalgie. James Penha, originaire de Bali, en Indonésie, évoque son premier emploi, regroupant des arbres de Noël à vendre, et l’odeur persistante du pin. D’autres, comme Sanjana Zorinc de Croatie, se souviennent des jeux d’enfants pendant les fêtes de fin d’année. Madhuri Pillai, d’Australie, se remémore ses frères et sœurs, tandis que Levko Dovgan, en Ukraine, observe les premiers Pères Noël en chocolat dans une vitrine, malgré le contexte difficile de la guerre.
La nature, omniprésente dans les haïkus, est observée avec une sensibilité particulière. Claire Ninham, du Yorkshire du Nord en Angleterre, associe les cloches de Noël à une rafale de chardonnerets. Luciana Moretto, en Italie, note que les arbres sont encore verts et le soleil toujours chaud, tandis que d’autres, comme Helga Stania en Suisse, contemplent les montagnes enneigées. Plusieurs poèmes évoquent également les changements climatiques, avec Mike Fainzilber, d’Israël, remarquant le raccourcissement des saisons et l’intensification des étés.
La réflexion sur la mortalité et la perte est également un thème récurrent. Alan Maley, de Canterbury, en Angleterre, exprime un sentiment de mélancolie face aux joues flétries qui ont tant souri. Junko Saeki, à Tokyo, estime qu’il n’y a pas de séparation entre la vie et la mort. Stoianka Boianova, de Bulgarie, souligne comment les gémissements des mourants peuvent mener à la rédemption. Enfin, plusieurs poèmes rendent hommage aux défunts, comme celui de Satoru Kanematsu, à Nagoya, qui pense à ses « chers vieux amis décédés ».
Les haïkuistes se préparent à composer leurs poèmes le 21 décembre, jour du solstice d’hiver. Mariola Grabowska espère que le jour le plus court de l’année brillera un peu plus à Varsovie, en Pologne. David McMurray, qui dirige la chronique du réseau Asahi Haikuist depuis avril 1995, invite les lecteurs à soumettre leurs propres haïkus sur des thèmes variés, tels que la course à pied, le galop des chevaux ou les promesses du Premier ministre japonais. Les contributions peuvent être envoyées par carte postale à l’Université internationale de Kagoshima, Sakanoue 8-34-1, Kagoshima, 891-0197, Japon, ou par e-mail à [email protected].
Les prochains numéros du réseau Asahi Haikuist paraîtront les 2, 16 et 30 janvier 2026.

David McMurray est également membre du comité de rédaction de Red Moon Anthology of English-Language Haiku, chroniqueur pour l’Association internationale Haiku et rédacteur en chef de Teaching Assistance, une chronique dans The Language Teacher de l’Association japonaise pour l’enseignement des langues (JALT). Il est professeur d’études interculturelles à l’Université internationale de Kagoshima et professeur correspondant de haïku en anglais pour le Centre culturel Asahi à Tokyo. Ses ouvrages primés incluent Enseigner et apprendre le haïku en anglais (2022) et Only One Tree Haiku, musique et métaphore (2015).
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