Publié le 17 mai 2025. Face à une stagnation inquiétante des nouvelles infections au VIH et à une diminution des financements internationaux, le Programme commun des Nations Unies sur le VIH/SIDA (ONUSIDA) se restructure pour aider les pays à atteindre l’objectif d’éradiquer le sida d’ici 2030.
- L’ONUSIDA adapte son fonctionnement pour soutenir des stratégies nationales de lutte contre le VIH plus efficaces, inclusives et axées sur les communautés.
- Cette restructuration s’accompagne d’une réduction significative des effectifs du Secrétariat de l’ONUSIDA (54 %).
- Les modélisations de l’ONUSIDA prévoient une augmentation des nouvelles infections et des décès liés au sida en l’absence d’un financement adéquat.
L’ONUSIDA annonce une profonde transformation de son organisation pour répondre à un contexte mondial en mutation, marqué par des tensions géopolitiques et une réduction des ressources disponibles. Cette réorganisation vise à renforcer la capacité des pays à mener une riposte durable et financée par leurs propres moyens contre le VIH, en s’appuyant sur des données probantes, l’équité et le respect des droits humains.
« La restructuration de l’ONUSIDA est une réponse directe à un paysage en évolution rapide, allant d’un contexte géopolitique instable à des ressources réduites », a déclaré Winnie Byanyima, directrice exécutive de l’ONUSIDA.
« Nous remodelons notre façon d’agir pour soutenir des ripostes nationales au VIH qui soient inclusives, dirigées par les communautés et multisectorielles, avec plus de précision et d’impact. »
Winnie Byanyima, directrice exécutive de l’ONUSIDA
Cette réforme s’inscrit dans le cadre plus large des initiatives des Nations Unies, notamment l’initiative UN80, et vise à améliorer l’efficacité, l’intégration, la consolidation et la coordination des actions. Un Groupe de haut niveau, actif depuis octobre 2024, a guidé ce processus de restructuration, recommandant un modèle plus simple et plus ciblé pour le Secrétariat de l’ONUSIDA, axé sur quatre fonctions principales : la direction, l’articulation et la coordination, la responsabilisation et l’engagement communautaire.
L’ONUSIDA tire la sonnette d’alarme face à une augmentation des nouvelles infections au VIH. Les modélisations de l’agence indiquent une hausse de 2 300 cas supplémentaires par jour, s’ajoutant aux 3 500 déjà enregistrés. Ces reculs sont attribués à des atteintes aux droits humains des femmes, des filles et des populations clés, ainsi qu’à des interruptions des services essentiels dues au retrait de l’aide internationale. L’ONUSIDA estime que les réductions de financement pourraient entraîner 6,6 millions de nouvelles infections au VIH et 4,2 millions de décès liés au sida d’ici 2029.
Pour faire face à cette situation, l’ONUSIDA consolide ses opérations dans les pays et rapproche ses équipes des populations qu’elle sert. La présence physique du Secrétariat sera réduite à environ 35 pays, tout en maintenant sa capacité à soutenir directement une soixantaine de pays. La répartition de cette présence tiendra compte de l’incidence élevée du VIH, de la stigmatisation et de la discrimination à l’égard des populations clés, ainsi que de la dépendance à l’égard de l’aide internationale.
L’ONUSIDA continuera d’aider les pays à surveiller leurs épidémies, à investir stratégiquement dans la prévention et le traitement du VIH, et à éliminer les obstacles politiques et liés aux droits de l’homme. L’agence réaffirme son engagement à nouer des partenariats, à impliquer les communautés et à soutenir les personnes vivant avec ou affectées par le VIH.
« C’est un moment de solidarité mondiale », a insisté Winnie Byanyima.
« Avec de la détermination et des partenariats, nous pouvons encore atteindre l’objectif consistant à mettre fin au sida en tant que menace pour la santé publique d’ici 2030 et à garantir des réponses nationales durables, inclusives et multisectorielles. »
Winnie Byanyima, directrice exécutive de l’ONUSIDA
En 2025, l’ONUSIDA élaborera et mettra en œuvre une nouvelle stratégie mondiale de lutte contre le sida, afin d’accélérer l’engagement politique, programmatique et financier et d’assurer la durabilité des actions. Cette stratégie sera adoptée par le Conseil de coordination du programme (PCB) en décembre 2025, au Brésil, et servira de base à une nouvelle déclaration politique et à de nouveaux objectifs en matière de VIH jusqu’en 2030, qui seront adoptés lors d’une réunion de haut niveau de l’Assemblée générale des Nations Unies en 2026.
À lire aussi
