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Réunion de l’ESA : la lutte de l’Europe pour les voyages spatiaux et un budget d’un milliard de dollars

by Camille Renault

Publié le 26 novembre 2025 à 12h34. L’Agence spatiale européenne (ESA) se réunit à Brême pour un sommet crucial où se décidera l’avenir de l’Europe dans la course à l’espace, avec en jeu une enveloppe budgétaire pouvant atteindre 22 milliards d’euros.

  • L’ESA cherche à rattraper son retard économique face aux investissements massifs des États-Unis dans le secteur spatial.
  • Un budget de 22 milliards d’euros est proposé pour les trois prochaines années, en augmentation par rapport aux 16,9 milliards d’euros approuvés en 2022.
  • L’Allemagne s’engage à augmenter sa contribution financière à l’ESA, atteignant potentiellement cinq milliards d’euros.

L’Europe risque de perdre le contact dans la course à l’espace mondiale. C’est l’avertissement lancé par Josef Aschbacher, directeur de l’ESA, qui couvre environ 60 % des dépenses spatiales européennes. Le problème, selon lui, réside dans le niveau d’investissement, bien inférieur à celui déployé par les États-Unis.

Lors de la conférence du Conseil ministériel de l’ESA qui s’est ouverte ce jour à Brême, M. Aschbacher plaide donc pour une augmentation significative du budget. Il propose un total d’environ 22 milliards d’euros pour les trois prochaines années, une somme plus importante que les 16,9 milliards d’euros approuvés lors du dernier sommet de l’ESA à Paris en 2022.

L’Allemagne, qui avait déjà versé 3,5 milliards d’euros à Paris, est le premier contributeur, devant la France et l’Italie, avec 21 % du budget total. La ministre allemande de l’Espace, Dorothee Bär (CSU), a annoncé que le gouvernement fédéral souhaitait désormais contribuer environ cinq milliards d’euros au budget de l’ESA. Cette augmentation avait déjà été promise dans l’accord de coalition entre le SPD et l’Union, et a été récemment confirmée par le gouvernement.

Trois Länder pourraient en bénéficier

Trois régions allemandes en particulier pourraient tirer profit de ces investissements : Brême, la Bavière et le Bade-Wurtemberg. À Brême, l’entreprise aérospatiale Airbus construit notamment le module de propulsion et d’alimentation du nouveau vaisseau spatial lunaire Orion de la NASA. La ville abrite également le constructeur de fusées ArianeGroup et le fabricant de satellites OHB.

En Bavière, le site spatial d’Oberpfaffenhofen est un acteur majeur du secteur. Le Centre aérospatial allemand (DLR) y est implanté avec ses centres de contrôle pour l’observation de la Terre, la robotique et les missions habitées.

Le Bade-Wurtemberg, quant à lui, abrite l’un des principaux pôles industriels européens dans le domaine de la technologie spatiale. Le DLR de Lampoldshausen exploite le plus grand banc d’essai de moteurs de fusée d’Europe.

C’est pourquoi les Premiers ministres de Bavière, Markus Söder (CSU), du Bade-Wurtemberg, Winfried Kretschmann (Verts), et le maire de Brême, Andreas Bovenschulte (SPD), ont conjointement formulé une liste de souhaits financiers pour la technologie satellitaire, les systèmes porteurs et autres domaines, avant le Conseil ministériel de l’ESA.

D’autres États membres de l’ESA ont également présenté des listes de souhaits similaires. Des délégations de 23 pays participent à la conférence de Brême, chacune avec ses propres propositions de projets et de financement. Les organisateurs attendent environ 500 participants.

Le « double usage » est sur le devant de la scène

L’ESA ne se concentre plus uniquement sur les programmes civils traditionnels tels que la recherche scientifique, les satellites de navigation et d’observation de la Terre, ainsi que les missions vers la Lune et Mars. La manière dont l’agence se positionne stratégiquement face aux entreprises privées de fusées et de satellites, comme SpaceX, est également un enjeu majeur.

« Nous ne pouvons pas être naïfs et simplement observer ce que font la Chine ou les États-Unis. »

Dorothee Bär, ministre allemande de l’Espace

La ministre Bär et son homologue de la Défense, Boris Pistorius (SPD), ont annoncé la semaine dernière l’adoption par le gouvernement allemand de sa première « stratégie de sécurité spatiale ». Cette stratégie souligne l’importance d’une approche plus sécurisée de l’espace.

La réunion du Conseil ministériel de l’ESA à Brême pourrait donc déboucher sur une politique de sécurité plus affirmée, qui viendrait compléter l’orientation essentiellement civile de l’agence. « Il est très important pour moi, notamment dans le domaine de la politique de recherche, que nous ne fermions plus les yeux sur des sujets tels que le double usage », a déclaré Dorothee Bär.

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