Publié le 31 octobre 2025. Une vaste étude suédoise confirme le lien étroit entre diabète et maladies cardiovasculaires, soulignant l’importance d’un dépistage précoce et d’une prise en charge adaptée, en particulier chez les patients de type 2.
- Les personnes diabétiques de type 2 de moins de 50 ans présentent un risque cardiovasculaire plus élevé que celles atteintes de diabète de type 1.
- Un diagnostic précoce de maladies cardiovasculaires chez les patients diabétiques de type 2 est associé à un risque globalement plus faible d’événements cardiovasculaires.
- La durée du diabète et les comorbidités sont des facteurs clés dans l’évolution du risque cardiovasculaire.
Les personnes atteintes de diabète, qu’il s’agisse du type 1 ou du type 2, sont bien connues pour être plus susceptibles de développer des maladies cardiovasculaires, qui constituent une cause majeure de décès prématuré dans cette population. Une nouvelle étude, menée sur une vaste cohorte de patients suédois, apporte des éclaircissements sur les différences de risque et les facteurs sous-jacents entre les deux types de diabète.
L’étude, basée sur les données du Registre National Suédois du Diabète (NDR), a analysé les dossiers de 404 026 adultes (âgés de 18 à 84 ans) pendant une période de cinq ans. Parmi ces patients, 9,5 % (38 351 personnes, avec un âge moyen de 44,1 ans) étaient atteints de diabète de type 1, tandis que 90,5 % (365 675 personnes, avec un âge moyen de 66,4 ans) étaient atteints de diabète de type 2. Les chercheurs ont examiné l’incidence de l’infarctus du myocarde, de l’insuffisance cardiaque, des accidents vasculaires cérébraux et des décès d’origine cardiovasculaire, en ajustant leurs analyses pour tenir compte de l’âge, du sexe et d’autres facteurs de risque cardiovasculaire.
Les résultats ont révélé des tendances intéressantes. Chez les patients de moins de 50 ans, le risque d’événements cardiovasculaires était plus élevé pour ceux atteints de diabète de type 2 (hazard ratio [HR] de 1,23 ; intervalle de confiance à 95 % [IC] de 1,07 à 1,41) que pour ceux atteints de diabète de type 1. Cependant, cette tendance s’inversait chez les patients de plus de 60 ans, où le risque était plus faible pour le diabète de type 2 (HR de 0,87). Des observations similaires ont été faites pour l’infarctus du myocarde (HR de 0,67) et la mortalité toutes causes confondues (HR de 0,89) chez les patients âgés de 60 ans et plus.
En revanche, le risque d’accident vasculaire cérébral était plus faible chez les patients atteints de diabète de type 2 (HR de 0,91) que chez ceux atteints de diabète de type 1, quel que soit l’âge. L’insuffisance cardiaque, en revanche, présentait un risque plus élevé (HR de 1,60) chez les patients de moins de 50 ans atteints de diabète de type 2.
L’étude a également montré que la présence de maladies cardiovasculaires préexistantes était associée à un risque plus faible pour les patients atteints de diabète de type 2, par rapport à ceux atteints de diabète de type 1. Cette observation s’appliquait à l’ensemble des maladies cardiovasculaires (HR de 0,76), à l’infarctus du myocarde (HR de 0,62), à la mortalité cardiovasculaire (HR de 0,68) et à la mortalité toutes causes confondues (HR de 0,71).
Les auteurs de l’étude soulignent que la durée du diabète joue un rôle important dans l’évolution du risque cardiovasculaire, mais que son impact est plus prononcé chez les patients atteints de diabète de type 1 que chez ceux atteints de diabète de type 2. Ils concluent que, pour les patients atteints de diabète de type 1, une longue durée de maladie associée à une charge glycémique élevée est particulièrement défavorable, tandis que, pour les patients atteints de diabète de type 2, ce sont les comorbidités et l’âge avancé qui constituent les principaux facteurs de risque.
Selon le Professeur Dr. Diethelm Tschöpe et le Dr. Rolf Dörr de la Fondation DHG (Diabetes I Heart I Vessels), ces résultats confirment l’expérience clinique acquise au cours de plusieurs décennies de prise en charge des patients diabétiques.
« Le fait que les personnes atteintes de diabète soient sensibles aux complications cardiovasculaires quel que soit le type de maladie et que le risque augmente avec une longue durée de maladie, y compris les comorbidités, est cohérent avec notre expérience clinique. »
Prof. Dr. med. Dr hc Diethelm Tschöpe et Dr med. Rolf Dörr, Fondation DHG
Ils insistent sur la nécessité d’un dépistage précoce et d’une prise en charge intensive des patients à risque, en fonction de leur profil cardiovasculaire. Ils soulignent également l’importance de la prévention, de l’éducation des patients et de la collaboration entre les spécialistes du diabète et les cardiologues.
La Fondation DHG (Diabetes I Heart I Vessels), créée en 1999, a pour mission de promouvoir la compréhension de la maladie, d’informer sur les risques cardiaques et vasculaires et de favoriser le dialogue entre les professionnels de la santé. Elle est composée d’endocrinologues, de diabétologues, de cardiologues et de neurologues, et mène ses activités sur une base bénévole, en s’appuyant sur les principes de la science, de l’indépendance et de la crédibilité. En savoir plus sur la Fondation DHG.
Sources
Publication : Patsoukaki V, Lind L, Lampa E, Radhi S, Eeg-Olofsson K, Eliasson B, Eriksson JW. Differences in risk and underlying factors of cardiovascular events and mortality in patients with type 2 diabetes versus type 1 diabetes: a longitudinal cohort study of Swedish National Diabetes Register data. Lancet Diabetes & Endocrinology. Octobre 2025;13(10):848-862. DOI: 10.1016/S2213-8587(25)00165-2. Publication en ligne le 25 août 2025. PMID : 40876474.
Légende : Diabète et maladies cardiaques.
Source de l’image : Monika Gause pour www.diabsite.de.
Dernière mise à jour : 31.10.2025
