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Ruchira Ranasingha bloquée aux Îles Cook après des conseils erronés

Bloquée aux Îles Cook depuis trois ans après des conseils en immigration erronés, Ruchira Ranasingha, une ressortissante srilankaise de 50 ans, ne peut plus rentrer chez elle en…

Ruchira Ranasingha bloquée aux Îles Cook après des conseils erronés

Bloquée aux Îles Cook depuis trois ans après des conseils en immigration erronés, Ruchira Ranasingha, une ressortissante srilankaise de 50 ans, ne peut plus rentrer chez elle en raison du refus répété des visas de transit par la Nouvelle-Zélande et l’Australie.

Une impasse administrative née à Auckland

L’histoire de Ruchira Ranasingha a débuté en décembre 2022 lorsqu’elle est arrivée en Nouvelle-Zélande munie d’un visa de visiteur de deux mois, selon les rapports de l’actualité internationale. Après la perte de son mari et face à des menaces de créanciers dans son pays d’origine, elle avait demandé l’asile politique. Pendant le traitement de sa requête, elle a obtenu un visa de travail ouvert et a décroché un emploi dans un restaurant qui s’était proposé de parrainer son visa de travail officiel.

Cependant, les demandeurs d’asile ne peuvent généralement pas prétendre à d’autres titres de séjour pendant que leur dossier est instruit. Face à cette règle, un conseiller en immigration lui a suggéré de quitter temporairement le pays pour soumettre une nouvelle demande depuis l’étranger. Elle a alors choisi de se rendre aux Îles Cook, une décision qui a entraîné le rejet de son dossier et violé les conditions de son visa initial lié à la demande d’asile, l’empêchant de revenir sur le territoire néo-zélandais.

Des milliers de dollars versés à un cabinet d’assistance

Avant de se retrouver isolée dans l’archipel, la voyageuse s’est tournée vers des prestataires privés pour obtenir de l’aide. Les documents examinés montrent qu’elle a fait appel à Immigration & Secretarial Services, versant près de 20 000 dollars pour ses démarches administratives et ses demandes liées à l’asile et au travail.

L’expert juridique Alastair McClymont, basé à Auckland, affirme qu’elle a reçu de piètres conseils, soulignant l’existence d’une industrie de consultants non qualifiés qui facturent des services sans mesurer les risques encourus par les requérants.

Sri lankan woman stranded in cook island
Photo : UA.NEWS

Je crains qu’il ne m’arrive quelque chose.

Ruchira Ranasingha, auprès de la BBC

Le refus des visas de transit par Canberra et Wellington

Pour quitter Rarotonga et regagner le Sri Lanka, la ressortissante srilankaise doit obligatoirement transiter par un pays tiers. Ses tentatives se sont soldées par des échecs répétés : trois demandes de visa de transit auprès de la Nouvelle-Zélande et quatre demandes auprès de l’Australie ont toutes été rejetées.

Immigration New Zealand a justifié ses décisions en expliquant ne pas être convaincue que son intention réelle se limitait à un simple transit. De son côté, le bureau du ministre a précisé qu’une escorte ou le port de menottes ne suffirait pas à écarter le risque qu’elle dépose une nouvelle demande d’asile. Malgré sa proposition d’accepter des mesures de contrainte sévères, aucun État ne souhaite endosser la responsabilité de son passage.

Autorité ou pays sollicité Nombre de demandes de transit Statut de la décision
Immigration New Zealand Trois Refusées
Département de l’Intérieur australien Quatre Refusées

Solidarité locale et interventions ministérielles sans succès

Sur place, la situation de la quinquagénaire est paradoxale : son statut d’immigration aux Îles Cook a expiré, ce qui fait d’elle une personne en situation irrégulière, mais aucune expulsion n’est exécutable en l’absence de liaison aérienne ou de pays d’accueil acceptant de la voir transiter. Pour survivre, elle dépend de la générosité des habitants et de son hôtel, qui l’héberge gratuitement dans les logements du personnel, tandis que des résidents lui fournissent nourriture et vêtements.

Des courriels démontrent que des démarches ont été entreprises pour obtenir une intervention ministérielle, d’abord auprès de l’ancien ministre associé à l’Immigration Chris Penk, puis auprès de l’actuel titulaire du poste, Cameron Brewer, dont le bureau a refusé de commenter les détails de l’affaire en invoquant la vie privée. Parallèlement, le ministère des Affaires étrangères du Sri Lanka a indiqué qu’il prenait des mesures pour faciliter son rapatriement, tandis que la date du mariage de son fils approche sans qu’aucun corridor de retour ne soit ouvert.

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À propos de l’auteur: Clara Dubois

Clara Dubois suit l’actualité internationale, les affaires diplomatiques et les grands équilibres géopolitiques. Son travail met l’accent sur le contexte, les faits vérifiables et les conséquences concrètes des événements mondiaux.