Plus d’un demi-million de travailleurs belges de la commission paritaire 200 verront leur salaire augmenter de 4,17 % à 4,65 % en janvier 2027, à la suite d’une inflation globale atteignant 5,26 % en octobre. Cette revalorisation automatique intervient alors que le gouvernement fédéral limite partiellement les hausses pour les revenus les plus élevés.
L’inflation s’envole et déclenche l’indexation automatique en janvier
L’inflation en Belgique a atteint 5,26 % en octobre, portée par la flambée des prix de l’énergie et la situation géopolitique au Moyen-Orient, d’après les chiffres publiés par Statbel selon l’organisme statistique. Pour les salariés belges, ce rattrapage automatique des prix évite une perte sèche de pouvoir d’achat face à un panier de biens dont le coût moyen s’est alourdi depuis l’année précédente. Selon les données de la RTBF, l’inflation sous-jacente s’est établie à 2,80 % en octobre contre 3,00 % en septembre, tandis que l’inflation basée sur l’indice santé a grimpé à 4,53 % (et même 4 % en septembre selon le même média). De surcroît, la DHnet précise que l’inflation de l’énergie a poursuivi son accélération pour atteindre 33,22 % en octobre sous l’effet conjugué des guerres au Moyen-Orient et en Ukraine.
Les prévisions des prestataires sociaux divergent légèrement sur le taux exact applicable au début de l’année prochaine. Le secrétariat social SD Worx table sur une hausse de 4,17 % pour la commission paritaire 200, tandis qu’Acerta anticipe une revalorisation de 4,65 % pour ces mêmes employés.
Ce que l’indexation représente concrètement sur les fiches de paie
Le secteur de la commission paritaire 200 regroupe environ 500 000 à 600 000 employés administratifs, comptables, informatiques et commerciaux répartis dans des dizaines de milliers d’entreprises, principalement des PME de services selon les données du PTB. Les informations du journal Le Soir précisent que cette PC 200 regroupe plus précisément 500 000 employés répartis dans 60 000 entreprises, tandis que RTL Info évoque plus de 600 000 employés concernés. Avec une estimation de hausse fixée à 4,65 %, l’impact mensuel brut se traduit par des augmentations directes calculées sur chaque niveau de rémunération.
| Salaire brut mensuel | Hausse estimée (à 4,65 %) | Nouveau salaire brut |
|---|---|---|
| 2 500 € | + 116,25 € | 2 616,25 € |
| 3 000 € | + 139,50 € | 3 139,50 € |
| 4 000 € | + 186,00 € | 4 186,00 € |
| 5 000 € | + 212,50 € | 5 212,50 € |
Ces montants s’expriment en brut. Après déduction des cotisations sociales et du précompte professionnel, le montant net réellement perçu variera selon la situation personnelle de chaque salarié d’après les analyses sectorielles.
Le frein des centimes et la modération des salaires élevés
Introduite par le gouvernement fédéral, la mesure d’indexation en centimes modifie le calcul pour les salaires supérieurs à 4 000 euros bruts par mois. Jusqu’à ce seuil, l’indexation reste intégrale, mais chaque tranche supplémentaire de 1 000 euros au-delà entraîne un plafonnement de la hausse selon le calcul détaillé par De Standaard. Les employeurs doivent par ailleurs reverser la moitié des économies ainsi réalisées à l’État fédéral. D’après Le Soir, une enquête de SD Worx réalisée en septembre indique que près de quatre PME sur dix s’attendent à recruter moins et qu’une sur sept anticipe des licenciements en raison de cette évolution des coûts salariaux.

D’un côté, les syndicats dénoncent un affaiblissement de la protection sociale et préparent une mobilisation à Bruxelles le lundi 23 novembre. De l’autre, les fédérations patronales soulignent que la hausse rapide des coûts pèse lourdement sur la trésorerie des petites et moyennes entreprises.
Les adaptations à venir dans le secteur public et les allocations
Le mouvement d’indexation ne se limite pas au secteur privé. Le Bureau fédéral du Plan prévoit des dépassements de l’indice-pivot, attendus dès novembre 2026 puis en avril 2027 d’après les prévisions de RTL Info. De plus, les données de la RTBF et de la DHnet signalent que l’indice santé lissé a grimpé à 101,72 points en octobre, se rapprochant ainsi du prochain indice pivot fixé à 102,29 points pour la fonction publique et les allocations sociales. Ces seuils déclencheront automatiquement la revalorisation des allocations sociales, des pensions et des rémunérations des fonctionnaires au cours du premier trimestre de l’année prochaine.