L’Hôpital national pour enfants de Hanoï a admis huit cas graves de grippe A au cours de deux semaines, enregistrant trois décès et cinq patients en état critique. Les médecins alertent sur des complications neurologiques rares, notamment l’encéphalopathie nécrosante aiguë et le syndrome de lésions cérébrales aiguës post-infectieuses.
L’Hôpital national pour enfants fait face à une vague de cas graves de grippe A
Au cours des deux dernières semaines, l’Hôpital national pour enfants a pris en charge huit enfants luttant contre des complications sévères consécutives à une infection grippale. Parmi ces patients admis en soins intensifs, trois n’ont pas survécu et cinq autres demeurent en état critique, selon les données communiquées par les équipes médicales.
Ces admissions record révèlent la dangerosité potentielle du virus de la grippe A, qui dépasse largement le cadre d'une simple infection respiratoire bénigne. Si la grande majorité des enfants guérissent rapidement, le virus peut déclencher des défaillances multiviscérales et des atteintes neurologiques fulminantes.
Encéphalopathie nécrosante aiguë et tempête de cytokines : les mécanismes du danger
Les complications observées chez les jeunes patients révèlent des tableaux cliniques d’une extrême complexité. Selon le Dr Le Nhat Cuong, du service de soins intensifs de l’Hôpital national pour enfants, l’encéphalopathie nécrosante aiguë (ENA) constitue une affection cérébrale rare dont les origines exactes restent encore mal élucidées.

Les spécialistes estiment que cette pathologie découle d’une réaction immunitaire excessive déclenchée par l’infection virale. Lorsque l’organisme ne parvient pas à réguler sa réponse inflammatoire, il libère massivement des cytokines telles que l’interleukine-6 et le TNF-alpha. Ce déferlement endommage l’endothélium vasculaire et fragilise la barrière hémato-encéphalique.
Le professeur agrégé Dr Ta Anh Tuan, chef du service de soins intensifs, souligne que les lésions touchant de multiples organes proviennent de doubles mécanismes. D’une part, le virus agresse directement les tissus ; d’autre part, l’orage cytokinique provoque un dysfonctionnement généralisé des organes vitaux, aggravé par un risque élevé de surinfections bactériennes.
Le cas clinique de la jeune QA à Hanoï et les manifestations du syndrome ITES
La gravité de ces tableaux cliniques s’est illustrée à travers le parcours de QA, une fillette de 6 ans originaire d’Hanoï infectée par la souche A/H3. Non vaccinée contre la grippe, l’enfant a d’abord manifesté des symptômes banaux de toux, de fièvre et d’écoulement nasal avant de s’effondrer subitement.
Transportée d’urgence dans un hôpital local en état d’insuffisance cardiaque, elle a ensuite été transférée à l’unité spécialisée de l’Hôpital national pour enfants. Les médecins y ont diagnostiqué une myocardite fulminante, une rhabdomyolyse aiguë, une insuffisance rénale ainsi qu’un orage cytokinique, avant de réussir à la sauver après des soins intensifs.
En parallèle, les cliniciens signalent l’émergence du syndrome de lésions cérébrales aiguës post-infectieuses, connu sous l’acronyme ITES. Cette affection se manifeste par des lésions cérébrales qui ne résultent pas forcément d’une invasion directe du virus, mais bien de la réaction inflammatoire post-infectieuse de l’organisme.
Signes d’alerte et recommandations des autorités sanitaires
Face à la rapidité de progression de ces complications, le corps médical exhoute les parents à la vigilance absolue. Les signes avant-coureurs impératifs à surveiller comprennent la léthargie, la confusion mentale, les modifications soudaines du comportement, la perte de conscience ou l’apparition de convulsions.
Les médecins insistent sur la nécessité d’une prise en charge immédiate. Il est formellement déconseillé d’attendre vingt-quatre heures face à des convulsions prolongées ou à des difficultés de réveil, tout comme l’automédication sans prescription médicale est à proscrire.
- Consulter en urgence en cas de convulsions continues ou prolongées.
- Surveiller toute baisse d’interaction, léthargie ou altération rapide de la conscience.
- Maintenir l’hygiène des mains et l’aération des espaces de vie pour freiner la contagion.
- Vacciner annuellement les enfants dès l’âge de 6 mois selon les directives du ministère de la Santé.