Publié le 3 janvier 2024 à 20h01. Les équipes de déneigement du Brabant-Septentrional sont à pied d’œuvre depuis plusieurs jours, confrontées à des conditions hivernales persistantes et à des journées de travail exceptionnellement longues. Ruud Jacobs, responsable d’une équipe d’éparpilleurs, témoigne de la solidarité et de l’adrénaline qui animent ces professionnels.
Les jours sont rudes pour les équipes chargées de répandre le sel et de déneiger les routes du Brabant-Septentrional. Après une période de calme relative pendant le dégel, l’activité a repris de plus belle, avec des journées qui peuvent s’étendre de 4 heures du matin à 22 heures. « Je verrai quand je tomberai », confie, avec un sourire fatigué, Ruud Jacobs, de la ville d’Eindhoven.
Samedi après-midi, alors que son équipe s’apprête à déjeuner, Ruud décrit une situation bien remplie. Le réveil sonne à 4 heures du matin, et le premier tour de déneigement commence dès le samedi matin sur le Woensesse Markt. « Le dernier tour dure jusqu’à 22 heures. Il faut donc s’adapter et faire des concessions sur sa vie personnelle », explique-t-il.
Malgré la difficulté de ces journées, Ruud et son équipe considèrent leur travail comme un privilège. « Quand c’est aussi intense qu’aujourd’hui, ça commence à être excitant », dit-il. Il se décrit comme le « centre névralgique » de l’opération, coordonnant l’ensemble des épandeurs et des chasse-neige. « Ils peuvent désormais planifier leurs itinéraires, mais il y a toujours un côté amusant, car nous partageons tous la même passion. Il faut avoir l’envie et la capacité de le faire pour tenir aussi longtemps. C’est une forme de solidarité. Certains vont chaque année au même endroit pour les sports d’hiver : ce sont nos sports d’hiver », s’amuse-t-il.
« C’est une sorte de violence positive. »
Ruud Jacobs, responsable d’équipe d’éparpilleurs
Mais qu’est-ce qui motive ces professionnels à s’investir autant ? Ruud parle d’un rêve d’enfant, d’une fascination pour les gros camions et la puissance des machines. « Si tu mets un chasse-neige dessus, c’est une sorte de violence positive », explique-t-il, évoquant le travail acharné et la satisfaction de voir rapidement les résultats de leurs efforts. C’est un mélange de météorologie, de longues journées de travail et de technologie de pointe qui leur procure une véritable adrénaline.
Ruud admet que ce n’est pas l’idéal. « Le mieux, c’est quand une forte averse permet de terminer le travail relativement facilement. On regarde dans le rétroviseur et on voit la route redevenir noire derrière nous. Mais en ce moment, il continue de neiger sans relâche », déplore-t-il. Les itinéraires, qui durent généralement trois heures, semblent donc moins efficaces, la neige revenant à peine après le passage des engins.
« Si tu devais faire ça tous les jours, tu deviendrais fou. »
Ruud Jacobs, responsable d’équipe d’éparpilleurs
Cependant, cela ne gâche pas le plaisir. Les jours où l’équipe est autorisée à prendre la route sont perçus comme une forme de magie. « On attend de voir si nous devrons repartir à 16 heures ce soir », confie Ruud, même si son réveil est déjà programmé à cette heure matinale. « Ensuite, je vérifie l’état des systèmes et les prévisions. On finit par développer une intuition pour estimer quand il faut repartir », explique-t-il. « Pour nous, un taux de probabilité de 60 % ne suffit pas. L’expérience est essentielle. »
« C’est toujours une petite dose d’adrénaline », conclut Ruud Jacobs. « Ce matin, j’ai eu du mal à me rappeler quel jour on était. Si tu devais faire ça tous les jours, tu deviendrais fou. »
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