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s derniers murs – le marché des services est problématique

by Amélie Bernard

Publié le 7 décembre 2023 14h35. Face à une concurrence mondiale accrue, la Suède plaide pour une accélération de la libéralisation du marché unique européen, notamment dans le secteur des services, afin de stimuler la croissance et l’emploi.

  • La Suède souhaite réduire les réglementations excessives et les obstacles au commerce des services au sein de l’Union européenne.
  • Le gouvernement suédois cible en particulier les professions réglementées, estimant que leur nombre est disproportionné et freine la mobilité des travailleurs.
  • L’objectif est de créer un marché unique aussi fluide pour les services que pour les biens, renforçant ainsi la compétitivité européenne.

Dans un contexte international marqué par une compétition économique de plus en plus vive, la Suède tire la sonnette d’alarme. L’investissement massif de la Chine dans les technologies d’avenir et les politiques protectionnistes adoptées par les États-Unis sous l’administration Trump rendent impératif de renforcer les atouts de l’Europe. Pour Stockholm, un marché unique pleinement fonctionnel est un pilier essentiel de sa prospérité, en particulier pour un pays fortement dépendant des exportations et géographiquement situé à la périphérie du continent.

Le gouvernement suédois s’engage activement à lever les barrières qui entravent la libre circulation des entreprises et des individus à travers les frontières européennes. Cette démarche passe par une simplification des règles, une réduction des disparités nationales et une application plus uniforme de la législation européenne. Pour ce faire, le Conseil de mise en œuvre veille à ce que les entreprises suédoises ne soient pas pénalisées par une « surréglementation », c’est-à-dire par une application trop stricte des normes européennes au niveau national.

Les efforts de la Suède ne se limitent pas à son territoire. Le pays travaille également au niveau européen pour supprimer les réglementations redondantes et coûteuses pour les entreprises. L’ambition est de favoriser des processus plus clairs et une mise en œuvre plus équitable des règles dans tous les États membres. Le secteur des services, qui représente près de 70 % de l’économie de l’UE, est particulièrement concerné par ces mesures.

Un exemple frappant de ces obstacles est celui des professions réglementées. L’Union européenne compte actuellement plus de 6 000 professions soumises à une réglementation spécifique, allant des médecins et agents de sécurité aux boulangers, fleuristes et dégustateurs de vin. Ces professions représentent environ 20 % de la main-d’œuvre européenne, soit près de 50 millions de personnes. Si une réglementation est justifiée pour protéger la santé ou la sécurité publique, le nombre de professions réglementées varie considérablement d’un pays à l’autre : seulement 14 % au Danemark, contre un tiers en Allemagne. Il est compréhensible qu’un conseiller fiscal doive répondre à des exigences spécifiques à chaque pays, mais il est inacceptable qu’un boulanger croate soit contraint de passer un examen pour exercer son métier en France, ce qui relève d’un pur protectionnisme.

Jessica Rosencrantz, ministre de l’Union européenne, et Benjamin Dousa, ministre de l’Aide et du Commerce extérieur, soulignent l’importance de supprimer les réglementations inutiles pour les professions dont les qualifications sont peu définies. Ils estiment qu’une déréglementation ciblée pourrait créer des emplois, notamment pour les jeunes.

La reconnaissance automatique des qualifications professionnelles au sein de l’UE, actuellement limitée à certaines professions (médecins, infirmières, sages-femmes, dentistes, vétérinaires, pharmaciens, architectes et moniteurs de ski), devrait être étendue. Des professions telles que les physiothérapeutes, les installateurs électriciens, les enseignants et les infirmières auxiliaires pourraient bénéficier de cette mesure. Selon le Fonds monétaire international (FMI), les obstacles réglementaires sur le marché des services représentent 110 % des « coûts douaniers », soit deux fois plus que pour les marchandises. Ce potentiel inexploité constitue une perte pour l’Europe.

Des études démontrent qu’une réglementation excessive peut nuire au développement économique. En ouvrant les marchés à la concurrence, il est possible de stimuler la productivité, l’innovation et l’entrepreneuriat, et donc de favoriser la croissance. Pour un pays comme la Suède, fortement orienté vers l’exportation, les différences de réglementation entre les États membres dans le secteur des services sont particulièrement problématiques. Les entreprises suédoises doivent pouvoir proposer leurs services, créer des filiales et recruter des compétences dans toute l’UE sur un pied d’égalité. Les petites entreprises, en particulier, manquent souvent de ressources pour naviguer dans les complexités juridiques et faire face à des réglementations multiples.

Le gouvernement suédois appelle donc l’UE à franchir une nouvelle étape : réduire les barrières et les règles nationales spécifiques dans le commerce des services, diminuer le nombre de professions réglementées, élargir la liste des professions reconnues automatiquement et faire de la reconnaissance mutuelle la norme. La numérisation et l’harmonisation des processus sont également essentielles. Le principe directeur doit être simple : si un service est autorisé dans un État membre, il doit l’être dans toute l’Union.

L’Europe a besoin d’un marché unique qui fonctionne aussi bien pour les services que pour les biens. Dans un contexte mondial incertain et de concurrence accrue, il est impératif d’abattre les derniers obstacles à la libre circulation.

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