Home SantéSa maladie est incurable et continue de s’aggraver

Sa maladie est incurable et continue de s’aggraver

by Sophie Martin

À 70 ans, Gerhard R. vit avec la maladie de Parkinson depuis plusieurs années. Son parcours, marqué par des symptômes insidieux et une adaptation progressive, illustre les défis auxquels sont confrontés les 400 000 Allemands touchés par cette maladie neurologique.

Tout a commencé il y a une dizaine d’années, lorsque Gerhard R., alors âgé de 58 ans et vivant à Weingarten, a remarqué un léger tremblement dans sa main droite. « Au début, j’attribuais cela au stress », se souvient l’ancien soudeur. Rapidement, sa femme a observé un ralentissement général de ses mouvements. Des gestes simples, comme attacher ses chaussures, sont devenus de plus en plus difficiles. « J’ai même fini par acheter des baskets à velcro », confie l’homme, passionné de sport.

Son écriture a également changé, devenant plus petite et tremblante. Après un examen approfondi par son médecin traitant, Gerhard R. a été orienté vers un neurologue. Le diagnostic est tombé : un syndrome de Parkinson idiopathique. Un choc pour l’homme, qui ne réalisait alors que lentement les implications de cette maladie.

Le neurologue a expliqué qu’il s’agissait d’une affection neurologique chronique et progressive, caractérisée par la mort progressive des cellules nerveuses productrices de dopamine dans le cerveau. La maladie est incurable et les symptômes s’aggravent avec le temps.

Au début, la prise de lévodopa a permis de soulager considérablement les tremblements et le ralentissement des mouvements. Gerhard R. a continué à mener une vie active, faisant des balades à vélo avec sa femme près de Bad Waldsee et du lac de Constance, se promenant dans la forêt de Baindt, et s’efforçant de conserver un mode de vie le plus normal possible. Cependant, après quelques années, des effets secondaires sont apparus : des contractions musculaires occasionnelles, des moments où le corps semblait incapable de bouger.

Ses expressions faciales, devenues plus rigides, sont souvent mal interprétées par son entourage, qui le perçoit parfois comme apathique. « Parfois, je préfère me retirer de la vie sociale », admet le retraité. « Mais heureusement, nous avons beaucoup d’amis qui me remontent le moral, avec qui nous faisons des barbecues en été ou regardons le football le soir. »

Aujourd’hui, Gerhard R. est pleinement conscient des défis à venir. Il sait que ses mains finiront par trembler trop fort pour écrire, qu’il aura probablement des difficultés à avaler et que le risque de fractures augmentera. Il envisage également la possibilité de ne plus être capable de s’habiller ou de se laver seul. Dans les stades avancés de la maladie, de nombreux patients nécessitent des soins constants et une assistance pour s’alimenter.

Cependant, il reste optimiste. Les médicaments et les thérapies peuvent souvent ralentir la progression de la maladie pendant de nombreuses années. Il espère également qu’un traitement curatif sera découvert à temps. Des études prometteuses, comme celle menée par « Blue Rock Therapeutics », une filiale de Bayer, sont actuellement en cours.

Pour améliorer la prise en charge des patients atteints de la maladie de Parkinson, la clinique et la polyclinique neurologique de l’université Ludwig Maximilian (LMU) de Munich ont créé un réseau appelé « Parklink ». Ce réseau, qui regroupe onze cliniques du sud-ouest de l’Allemagne, dont la Clinique de Neurologie et d’Épileptologie du ZfP Südwürttemberg à Ravensburg-Weißenau, vise à offrir des soins optimaux à proximité du domicile des patients, grâce à la télémédecine.

Une journée d’information sur la maladie de Parkinson et les aides disponibles est prévue le samedi 3 mai. Les patients et leurs proches pourront en savoir plus sur le réseau « Parklink » et les options de traitement disponibles. Le Dr Christian Tilz, médecin-chef de la clinique de Ravensburg-Weißenau, souligne que la télémédecine permet d’évaluer rapidement les options thérapeutiques alternatives, telles que la neurostimulation ou les thérapies par pompe, lorsque les médicaments ne suffisent plus.

La maladie de Parkinson touche plus fréquemment les hommes que les femmes. Parmi les personnalités publiques ayant révélé leur diagnostic figurent l’acteur américain Michael J. Fox, l’animateur Frank Elstner et, plus récemment, le chef d’orchestre Daniel Barenboim.

Plus d’informations sur « Parklink » sont disponibles sur www.parklink.info.

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