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sale Paris ? Juger une ville par sa couverture

by Clara Dubois

Publié le 2024-02-29 14:35:00. La réputation de Paris comme capitale insalubre persiste-t-elle ? Une voyageuse explore les perceptions des touristes et les réalités de la propreté dans la ville lumière, confrontant les clichés à l’expérience vécue.

  • Les touristes expriment souvent une image négative de la propreté à Paris, évoquant saleté, manque de toilettes publiques et incivilités.
  • Cette perception contraste avec les efforts déployés par la ville pour améliorer la gestion des déchets et l’environnement urbain.
  • L’auteure souligne que la densité de Paris et son rythme de vie intense contribuent à la visibilité des problèmes de propreté.

Lors de voyages à l’étranger, l’évocation de Paris suscite invariablement des réactions chez les interlocuteurs. Qu’il s’agisse d’une vendeuse en boutique ou d’un serveur au restaurant, les témoignages affluent, mêlant souvenirs enchantés et critiques acerbes. L’auteure, parisienne, constate que les plaintes reviennent sans cesse : service parfois désagréable, arrogance perçue, manque de commodités, zones peu sûres… Des clichés tenaces, mais rarement surprenants.

Récemment, lors d’un séjour à Little Havana, à Miami, l’auteure a été témoin d’une nouvelle illustration de ce phénomène. Un commerçant, enchanté par sa récente visite à Paris et notamment par le restaurant Alain Ducasse au deuxième étage de la Tour Eiffel, a néanmoins exprimé son désaccord sur un point : « Paris est sale… horriblement sale ».

Cette remarque a incité l’auteure à observer sa propre ville sous un nouveau jour. Elle a pris conscience de la multitude de signes qui témoignent d’une vie urbaine intense et parfois désordonnée : piétons parcourant de longues distances, terrasses bondées même en hiver, fumeurs sur les trottoirs, sans-abri près des distributeurs automatiques, étals de marché animés… Un mélange de dynamisme et de désordre qui contribue à l’image d’une ville sale.

En se promenant entre Porte Saint-Denis et Châtelet, l’auteure a pu observer la diversité et la complexité de la vie parisienne : prostituées, travailleurs indiens attendant des livraisons, livreurs à vélo, poussettes, passants… Un mélange hétéroclite dans un quartier animé, où se côtoient restaurants, commerces pour adultes, salons de manucure, boulangeries bio et passages historiques. Ce quartier, autrefois connu sous le nom de Le Ventre de Paris, immortalisé par Émile Zola et source d’inspiration pour le roman « Parfum » de Patrick Süskind, abrite aujourd’hui le centre commercial Les Halles, récemment rénové.

L’auteure reconnaît que Paris n’est pas une ville immaculée, mais elle estime que cette image est souvent exagérée. Elle souligne que la densité de la population et l’activité intense contribuent à la visibilité des problèmes de propreté. Elle déplore également le manque de civisme de certains habitants, qui jettent des déchets par terre ou ne ramassent pas les excréments de leurs animaux de compagnie.

La ville de Paris a mis en place de nombreuses initiatives pour améliorer la gestion des déchets et l’environnement urbain, comme le détaille le site officiel de la ville. Des projets de verdissement des rues, de plantation d’arbres et de création de jardins partagés sont également en cours. Selon Judy MacMahon, fondatrice du magazine MyFrenchLife™, « il y a définitivement moins de crottes de chien à Paris, ces jours-ci, mais Paris a beaucoup de fortes odeurs d’urine dans le métro et ailleurs, et pas seulement de la part des habitants de la rue. Je trouve toujours Paris sale, mais paradoxalement, je trouve le système de lavage des rues, des trottoirs et des gouttières incroyable ! Ce système est tellement en avance sur la plupart des autres partout dans le monde ! »

Des associations de citoyens se sont également mobilisées pour améliorer la propreté de leur quartier, avec le soutien des autorités. Cependant, l’auteure souligne que l’application de la loi reste insuffisante : l’amende pour les détritus (crottes de chien ou mégots de cigarettes) est de 68 euros, mais elle est rarement appliquée.

En conclusion, l’auteure estime que qualifier Paris de « ville sale » est injuste et réducteur. Si certains problèmes persistent, des efforts importants sont déployés pour améliorer la situation. Elle invite les touristes à s’aventurer au-delà des circuits habituels et à découvrir les initiatives positives qui contribuent à faire de Paris une ville plus propre et plus agréable à vivre.

Pensez-vous que Paris est l’une des capitales les plus sales du monde occidental ? Quelles solutions pourraient être envisagées ? Nous serions ravis d’entendre vos commentaires dans l’encadré ci-dessous.

Crédits images :
4. © Saul Loeb, AFP via la Libération
Toutes les autres images ©Jacqueline Dubois Pasquier

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