Publié le 7 novembre 2025 à 19h05. Donald Trump a rencontré Viktor Orban à Washington pour discuter de la dépendance énergétique de la Hongrie à la Russie, un sujet qui teste la volonté de l’ancien président américain de durcir sa ligne à l’égard de Moscou.
- La Hongrie, contrairement à la plupart des autres pays européens, n’a pas diversifié ses sources d’approvisionnement en pétrole et reste fortement dépendante de la Russie.
- Les sanctions imposées par Washington à des compagnies pétrolières russes pourraient entraîner des sanctions secondaires contre des pays comme la Hongrie, l’Inde et la Chine qui continuent d’importer du pétrole russe.
- Viktor Orban espère obtenir des exceptions aux sanctions, arguant du manque d’alternatives pour son pays et des conséquences économiques désastreuses d’une interruption de l’approvisionnement.
La question de l’approvisionnement énergétique de la Hongrie est devenue un enjeu diplomatique majeur, mettant à l’épreuve les relations entre Washington, Budapest et Moscou. Lors de sa rencontre avec Viktor Orban, Donald Trump a souligné la difficulté pour la Hongrie d’obtenir du pétrole et du gaz d’autres régions, en raison de son manque d’accès à la mer.
« Il est très difficile pour lui (Orban, ndlr) d’obtenir du pétrole et du gaz d’autres régions. Il n’y a pas d’accès à la mer : et c’est pour cela qu’ils ont un problème difficile. »
Donald Trump
Le 22 octobre dernier, l’administration Trump a imposé des sanctions aux compagnies pétrolières russes Loukoïl et Rosneft, en réponse au refus de Vladimir Poutine de mettre fin à la guerre en Ukraine. Ces sanctions pourraient avoir des répercussions sur des pays comme l’Inde, la Chine et la Hongrie, qui continuent d’importer du pétrole russe, et qui pourraient se voir imposer des sanctions secondaires. L’Inde a d’ailleurs déjà subi des droits de douane punitifs pour ses importations de pétrole russe.
La Hongrie, en particulier, se trouve dans une situation délicate. Contrairement à la majorité de ses voisins européens, elle n’a pas suffisamment diversifié ses sources d’approvisionnement énergétique ces dernières années. Viktor Orban a insisté sur l’importance cruciale d’obtenir des exceptions aux sanctions, affirmant que la situation est « d’une importance vitale » pour son pays.
« Je ne demande aux Américains aucun cadeau ou quoi que ce soit d’inhabituel. Je demande simplement qu’ils reconnaissent que les sanctions récemment imposées à l’énergie russe placent certains pays comme la Hongrie, qui n’ont pas accès à la mer, dans une situation impossible. »
Viktor Orban
Orban a annoncé qu’il présenterait des propositions concrètes pour la mise en œuvre de ces exceptions. Par ailleurs, la compagnie pétrolière hongroise MOL a récemment mis en service un nouveau pipeline, le pipeline Adriatique, qui pourrait permettre d’acheminer du pétrole brut non russe vers la Hongrie, bien que cela implique des risques techniques et des coûts logistiques supplémentaires, selon le portail en ligne hvg.hu.
Au-delà de la question énergétique, la visite d’Orban à Washington avait également une dimension politique intérieure. Des conseillers du Premier ministre hongrois espéraient qu’une éventuelle visite de Trump en Hongrie avant les élections parlementaires d’avril pourrait renforcer son image d’homme d’État respecté sur la scène internationale. Selon l’analyste politique Zsuzsanna Vegh, du German Marshall Fund, une visite de Trump serait une « grande faveur politique » pour Orban.
La simple rencontre entre Orban et Trump, quel que soit son issue, sera présentée comme un succès en Hongrie, où Orban cherche à se positionner comme un leader influent sur la scène mondiale, détournant ainsi l’attention des difficultés rencontrées par son gouvernement sur le plan intérieur.
Trump n’a pas promis de se rendre prochainement à Budapest, mais a proposé d’accueillir une éventuelle rencontre entre lui et Poutine dans la capitale hongroise, une proposition qui avait été envisagée il y a quelques semaines avant d’être annulée. Il a également exprimé son intérêt pour discuter avec Orban de ses efforts visant à obtenir un cessez-le-feu en Ukraine, soulignant la connaissance approfondie qu’Orban a de Vladimir Poutine.
« Il comprend Poutine et le connaît très bien. »
Donald Trump
L’intransigeance de Poutine face aux négociations de paix a toutefois mis fin à la perspective d’une nouvelle série de pourparlers en face à face.
À ne pas manquer
- Ruchira Ranasingha bloquée aux Îles Cook après des conseils erronés
- Dans le Michigan, une dernière semaine de campagne entre démocrate et républicain
- La justice rejette la plainte en diffamation de Donald Trump contre le « Wall Street Journal » au sujet d’une lettre à Jeffrey Epstein (lederniereheure.com)