Home MondeSans les colons, le Hamas tuerait partout. La haine ne finira pas ! L’écrivain Tenenbom sur Israël

Sans les colons, le Hamas tuerait partout. La haine ne finira pas ! L’écrivain Tenenbom sur Israël

by Clara Dubois

Publié le 9 janvier 2024 23h00. Un témoin unique livre son expérience de vie au cœur des colonies israéliennes en Cisjordanie, révélant un quotidien méfiant, des réactions contrastées face aux événements et une vision pessimiste de la résolution du conflit israélo-palestinien.

  • Un voyageur a passé près d’un an à résider temporairement dans différentes colonies juives en Cisjordanie, observant de près la vie des colons.
  • Les colons, initialement méfiants envers les journalistes traditionnels, ont accueilli cet observateur avec une curiosité prudente, lui permettant d’accéder à un aperçu plus intime de leur quotidien.
  • Les réactions à l’attaque du Hamas du 7 octobre 2023 ont été marquées par un sentiment de justification de leur présence en Cisjordanie, perçue comme une ligne de défense.

Pendant près d’un an, un voyageur a choisi de s’immerger dans la vie des colonies juives en Cisjordanie. Contrairement aux journalistes de passage, qui ne consacrent souvent que quelques heures à ces communautés, il a loué des chambres dans différentes localités, passant environ trois semaines dans chaque colonie. L’objectif était simple : rencontrer les habitants, comprendre leurs motivations et vivre leur quotidien de l’intérieur.

Au début, l’accueil fut réservé. Les colons étaient habitués à voir défiler des journalistes accompagnés de militants de gauche, dont les traductions étaient souvent suspectes. « Ils ne parlent pas hébreu, alors les militants traduisent pour eux. Bien sûr, ce qu’ils veulent traduire », explique-t-il. Cette méfiance initiale s’est peu à peu estompée, car il s’agissait probablement de la première fois que quelqu’un souhaitait passer un temps significatif parmi eux, sans agenda politique apparent.

La Cisjordanie, bien que de petite taille, nécessite un véhicule pour se déplacer entre les différentes colonies. L’expérience a permis de constater les contrastes au sein de ce territoire. Les colons de Gaza, qui ont été évacués il y a une vingtaine d’années, partagent un vécu similaire à ceux de Cisjordanie, marqués par un sentiment de perte et d’incertitude. Aujourd’hui, seuls des soldats juifs sont présents dans la bande de Gaza, tandis qu’un demi-million de Juifs vivent en Cisjordanie, notamment dans des villes comme Ariel.

Un intérêt particulier a été porté aux colons d’Hébron, qui vivent au cœur d’une ville palestinienne. Ces quatre-vingt-cinq familles se sont installées là pour se rapprocher des racines historiques du judaïsme, du lieu où vivait Abraham, le père des croyants. Ils constituent une enclave minuscule, mais symbolique.

L’attaque du Hamas du 7 octobre 2023 a provoqué une réaction forte parmi les colons. Ils ont exprimé le sentiment que leur présence en Cisjordanie était une nécessité pour protéger Israël. « S’ils n’avaient pas vécu en Cisjordanie, le Hamas l’aurait fait à Tel Aviv et à Jérusalem depuis longtemps », ont-ils affirmé. Beaucoup d’entre eux servent dans l’armée et ont subi des pertes personnelles. « Presque toutes les familles pleurent les morts, alors elles le prennent comme les autres Israéliens », témoigne l’observateur.

Selon lui, les colons considèrent leur présence comme un rempart contre la haine palestinienne. Cependant, il souligne que la colonisation représente un obstacle majeur à la résolution du conflit, car les Palestiniens revendiquent l’intégralité du territoire. « Le monde déteste les Juifs et déteste encore plus leurs colons. Il les prend pour des criminels, des animaux haineux », déplore-t-il, ajoutant que la solution de deux États impliquerait inévitablement le départ des colons de Cisjordanie.

L’observateur se montre pessimiste quant à la possibilité d’une coexistence pacifique entre Israéliens et Palestiniens. « Dès l’instant où vous réalisez de quoi il s’agit et à quel point la zone est petite, c’est une chimère pour vous », affirme-t-il. Il compare la situation à une miette de pain qu’il serait impossible de diviser équitablement. La haine, enracinée dans des milliers d’années d’histoire, semble insurmontable. « Ce sera toujours le même marasme. Il peut être résolu en exterminant les Juifs, avec lesquels Hitler a commencé, ou les Palestiniens », lâche-t-il, avec une amertume palpable.

Les colons, quant à eux, craignent que leur départ de Cisjordanie ne conduise à la perte progressive d’Israël. Ils sont convaincus qu’ils doivent rester pour assurer l’avenir du pays.

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