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Santé cardiaque : prévenir plutôt que réparer

by Sophie Martin

Publié le 28 octobre 2025 23h00. Les maladies cardiovasculaires, première cause de décès en Autriche comme ailleurs, sont en grande partie évitables. Pourtant, le pays affiche des taux supérieurs à la moyenne européenne en matière de facteurs de risque, soulignant l’urgence d’une approche plus proactive axée sur la prévention.

  • L’Autriche dépasse les moyennes européennes en matière d’obésité, de consommation de tabac et d’alcool.
  • Les experts insistent sur la nécessité de privilégier la prévention plutôt que de se contenter de soigner les conséquences des maladies cardiaques.
  • Un soutien structurel et psychologique est essentiel pour encourager des changements de comportement durables.

Malgré des avancées significatives en cardiologie, la prévention reste trop souvent reléguée au second plan dans la pratique clinique quotidienne. Selon le cardiologue Prim. Dr. Diana Haoula, de nombreux patients continuent de privilégier une approche curative, attendant que la médecine répare les dommages plutôt que de prendre des mesures pour les éviter. Cette tendance est d’autant plus préoccupante que le rapport sur la santé 2022 révèle que l’Autriche se distingue négativement par plusieurs facteurs de risque cardiovasculaire.

Le rapport met en évidence un taux élevé de personnes en surpoids ou obèses, ainsi qu’une consommation de tabac et d’alcool supérieure à la moyenne européenne, en particulier chez les femmes. De plus, la consommation quotidienne de fruits et légumes est moins importante que dans d’autres pays. Seule l’activité physique se situe à un niveau comparable à celui de la moyenne de l’Union européenne. Ces données soulignent la nécessité d’un effort concerté pour promouvoir la prévention et sensibiliser la population aux enjeux de la santé cardiovasculaire.

La prévention primaire ne se limite pas aux comportements individuels. Les conditions sociales qui favorisent des choix de vie sains jouent également un rôle crucial. Des mesures de santé publique fondées sur des données probantes, telles que des taxes sur les produits nocifs, la promotion de l’activité physique dans les espaces publics et des programmes de santé en entreprise, sont indispensables. Parallèlement, des contrôles réguliers de la tension artérielle, du taux de cholestérol et de la glycémie, ainsi que des programmes de dépistage ciblés, pourraient améliorer considérablement la prévention des événements cardiovasculaires. Or, ces dispositifs ne sont pas encore suffisamment utilisés en Autriche.

Lorsque des facteurs de risque sont déjà identifiés, l’objectif est d’en freiner la progression et d’éviter les complications. Dans ce contexte, les interventions sur le mode de vie – exercice physique régulier, alimentation équilibrée et arrêt du tabac – restent la pierre angulaire de toute thérapie.

« Quiconque parvient à améliorer au moins un de ces facteurs fait déjà beaucoup de bien à son cœur. »

Prim. Dr. Norbert Muzika, cardiologue

L’arrêt du tabac est particulièrement important, non seulement pour la santé cardiovasculaire, mais aussi pour la prévention du cancer. Les statistiques sont alarmantes : environ 50 % des fumeurs décèdent avant l’âge de 70 ans d’une maladie liée au tabac. Un sevrage tabagique efficace repose sur une approche combinée, incluant des conseils médicaux, une thérapie comportementale et un soutien pharmacologique.

Des études de Cochrane démontrent l’efficacité de ces différentes approches :

  • Les entretiens motivationnels et les conseils médicaux augmentent les chances de succès de 1,5 à 1,7 fois.
  • Les thérapies de remplacement de la nicotine doublent les taux d’abstinence.
  • La varénicline présente les meilleurs taux de réussite parmi les options médicamenteuses.

Toutefois, le pneumologue Univ.-Prof. Dr. Wolfgang Popp souligne que les interdictions seules sont rarement efficaces.

« Il y aura toujours des addictions. »

Univ.-Prof. Dr. Wolfgang Popp, pneumologue

Il insiste sur l’importance de chaque petit pas vers le changement et sur la nécessité d’une approche individualisée. Prim. Dr. Haoula renchérit :

« Reconnaître, expliquer et traiter sont importants – mais l’acceptation est également cruciale. Des recommandations trop restrictives conduisent souvent à un non-respect. »

Prim. Dr. Diana Haoula, cardiologue

Dans certains cas, une stratégie de réduction des risques, comme l’utilisation de chauffe-tabac ou de substituts nicotiniques, peut constituer une étape intermédiaire vers l’arrêt complet du tabac.

« Avec toutes ces mesures, le tabac n’est plus brûlé, donc plus de CO à activité vasculaire n’est produit, un effet immédiat, quelle que soit la réduction des polluants de 90, 95 ou jusqu’à 99 % par rapport aux cigarettes à combustion. »

Prim. Dr. Norbert Muzika, cardiologue

De plus, les analyses de Cochrane indiquent que les cigarettes électroniques présentent des taux de réussite équivalents à ceux des interventions médicales pour arrêter de fumer.

Les experts insistent sur le rôle des médecins dans l’autonomisation des patients, en les aidant à prendre conscience des risques et à agir de manière responsable, avec le soutien d’un environnement favorable à la santé. La prévention, la réduction des dommages et l’acceptation ne sont pas des concepts opposés, mais les piliers d’une approche moderne et globale de la santé cardiovasculaire.

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