La recherche médicale commence à mieux prendre en compte les spécificités féminines, un domaine longtemps négligé. Des études récentes mettent en lumière des différences immunologiques significatives entre les hommes et les femmes, ouvrant de nouvelles pistes pour comprendre et traiter certaines maladies.
À l’Institut Pasteur, Aude Bernheim, directrice du laboratoire Diversité moléculaire des microbes, souligne l’émergence de nouvelles recherches sur des sujets longtemps laissés de côté. « Ces dernières années, on a commencé à voir de nouvelles pistes de recherche émerger sur des sujets qui avaient été laissés de côté ou peu travaillés. Comme des phénomènes spécifiques aux femmes, comme la ménopause ou la grossesse ou tout simplement des sujets qui montrent que quand on est un homme ou une femme, on ne va pas avoir les mêmes formes d’immunité », explique-t-elle. Elle plaide également pour une plus grande inclusion des femmes dans le monde de la recherche scientifique.
À Toulouse, l’Institut toulousain des maladies infectieuses inflammatoires (INFINITY) se penche sur les raisons pour lesquelles certaines maladies touchent plus fortement les femmes. Sophie Laffont-Pradines, directrice de recherche au CNRS, et son équipe étudient les biais de sexe dans l’immunité. « Dans l’équipe, on s’intéresse à l’origine des biais de sexe dans l’immunité. Parce qu’on pense que ça a des conséquences à la fois dans le développement des maladies auto-immunes chez les hommes et les femmes, et aussi la capacité qu’ont les hommes et les femmes à lutter contre les infections », précise-t-elle.
Les recherches se concentrent notamment sur des maladies auto-immunes comme la sclérose en plaques, qui affecte trois femmes pour un homme, et le lupus, qui touche neuf femmes pour un homme. « La majorité des patients sont des patientes pour les maladies auto-immunes, poursuit Sophie Laffont-Pradines, donc c’est intéressant de comprendre pourquoi ces maladies se développent principalement chez les femmes, et le système immunitaire en est à l’origine. C’est pourquoi on veut comprendre comment ces facteurs biologiques impactent le système immunitaire et font que les femmes sont beaucoup plus touchées par ces maladies que les hommes. » L’objectif est de mieux comprendre les mécanismes biologiques à l’œuvre et d’adapter les traitements en conséquence.
Sur le même sujet
