Publié le 24 mars 2024 18:32:00. L’ancien président français Nicolas Sarkozy a obtenu sa libération conditionnelle après moins de trois semaines de détention à la prison de la Santé, dans le cadre de sa condamnation pour corruption. Cette décision, assortie de restrictions strictes, marque une étape inattendue dans cette affaire judiciaire retentissante.
- Nicolas Sarkozy a été libéré de la prison de la Santé grâce à une décision de la cour d’appel de Paris.
- Sa libération est conditionnelle et s’accompagne d’un contrôle judiciaire incluant l’interdiction de quitter la France et de contacter certains co-condamnés, ainsi que le ministre de la Justice.
- L’ancien chef de l’État avait été condamné à cinq ans de prison pour corruption dans le cadre de l’affaire dite des financements libyens.
La cour d’appel de Paris a ordonné la libération conditionnelle de Nicolas Sarkozy ce lundi, après que l’ancien président a purgé une peine de détention de vingt jours. La décision a été prononcée en présence de l’ancien chef de l’État, connecté par visioconférence depuis la prison de la Santé. Visiblement ému, M. Sarkozy n’a pas souhaité faire de déclaration à l’issue de l’audience.
En septembre dernier, Nicolas Sarkozy avait été reconnu coupable d’avoir laissé ses collaborateurs négocier avec des représentants du régime de Mouammar Kadhafi pour obtenir des fonds destinés à financer sa campagne présidentielle de 2007. Il avait été condamné à une peine de cinq ans de prison, dont trois ans ferme.
Le contrôle judiciaire auquel sera soumis M. Sarkozy (70 ans) comprend plusieurs restrictions. Il lui est interdit de quitter le territoire français et de prendre contact avec les autres personnes condamnées dans cette affaire. De plus, il ne pourra pas communiquer avec le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, qui lui a rendu visite en prison et entretient avec lui des liens remontant à leur passé politique commun.
Les avocats de l’ancien président avaient déposé une demande de libération conditionnelle peu après son incarcération, arguant notamment qu’il ne présentait aucun risque de destruction de preuves, qu’il n’avait aucune intention de fuir le pays, sa famille résidant en France, et que sa détention pouvait porter atteinte à sa santé.
« Un cauchemar »
Lors d’une audience matinale, Nicolas Sarkozy avait lui-même pris la parole pour décrire les conditions de sa détention.
« Je tiens à remercier le personnel pénitentiaire pour son humanité exceptionnelle, car il a transformé ce cauchemar carcéral en quelque chose de supportable. »
Nicolas Sarkozy
Sa déclaration a été entendue par ses proches présents dans la salle d’audience, parmi lesquels son épouse Carla Bruni, ses fils Jean et Pierre, et son frère François. L’audience s’est déroulée dans un contexte de forte tension médiatique, les téléphones portables ayant été confisqués pour éviter toute diffusion d’images ou de sons.
L’affaire des financements libyens a secoué le paysage politique français et soulève des questions sur l’influence de l’argent étranger dans les campagnes électorales. Le Monde a suivi de près l’évolution de cette affaire.
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