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Scandale à la PNP : le commissaire démis de ses fonctions pour vidéo intime avec la sœur du détenu, confirme le chef de la police de La Libertad

by Nicolas Lefèvre

Un commissaire de police de la région de La Libertad a été démis de ses fonctions après la diffusion d’une vidéo intime le mettant en scène avec la sœur d’un détenu. Cette affaire intervient dans un contexte de lutte contre la criminalité et la corruption au sein des forces de l’ordre péruviennes.

Le général Guillermo Llerena, chef de la Région policière de La Liberté, a confirmé lundi la destitution du major Randall Quispe, commissaire du district de Chao. La décision fait suite à la propagation sur les réseaux sociaux d’une vidéo compromettante impliquant le major Quispe et la sœur d’Andrés Gabriel Villarroel Ruiz, un citoyen vénézuélien arrêté le 24 octobre puis relâché le jour même pour « danger commun », selon des sources policières.

« Vous êtes responsables de vos actes et je l’ai dit dès le début de mon mandat, personne ne s’en sortira. Et quiconque franchira la ligne, nous le signalerons nous-mêmes », a déclaré le général Llerena, soulignant la volonté de l’institution de sanctionner rigoureusement toute faute.

Une enquête disciplinaire a été ouverte et, si la responsabilité du major Quispe est établie, des poursuites judiciaires seront engagées. À ce stade, le major Quispe a été transféré à Trujillo pour faciliter les investigations et garantir la transparence de la procédure.

La sœur du détenu, citée par le journal La República, a nié avoir diffusé la vidéo, affirmant avoir tenté de contacter le commissaire après l’arrestation de son frère, arrêté pour « état d’ébriété », sans succès.

Cette affaire se déroule alors que la région de La Libertad est en état d’urgence depuis plusieurs mois en raison d’une recrudescence de la criminalité commune et du crime organisé, notamment liée à l’exploitation illégale de l’or, aux assassinats à gages et aux extorsions. Le général Llerena a précisé que la plupart des appels à rançon provenaient de la prison « Le Miracle » de Trujillo, et a demandé au gouvernement d’y prendre des mesures drastiques, notamment en coupant l’accès aux prises électriques pour recharger les téléphones portables, en restreignant les visites et en effectuant des fouilles régulières.

Par ailleurs, le ministre de l’Intérieur, Vicente Tiburcio, a annoncé mi-octobre une réforme globale de la Police Nationale (PNP) visant à écarter les agents impliqués dans la corruption ou liés au crime organisé. Il a également indiqué que le gouvernement demanderait au Congrès de modifier le régime disciplinaire afin de renforcer le contrôle interne et d’assurer des sanctions immédiates à l’encontre des policiers en infraction.

« Nous avons besoin que les Péruviens s’engagent pleinement », a insisté le ministre Tiburcio. « Nous sommes confrontés à une situation grave, mais il n’est pas impossible de redresser la barre. »

La veille, le journal Cuarto Poder avait révélé l’existence d’un réseau de policiers, surnommé « Los Piratas », accusés de vol de drogue, d’extorsion et d’homicides commis en uniforme. L’enquête, basée sur des interceptions téléphoniques, des vidéos et des témoignages, a identifié plus de vingt militaires actifs et retraités, ainsi que des civils, impliqués dans des crimes commis à Lima et à Tarapoto pendant trois ans. Parmi les affaires les plus graves figurent les assassinats d’Hernán Laines, un changeur de devises, et de Jorge D’Ambrosio, un homme d’affaires, pour lesquels la PNP aurait fourni des informations sur les itinéraires, les montants et les horaires.

Le parquet a annoncé des arrestations et des détentions préventives concernant certains des suspects, tandis que des collaborateurs efficaces fournissent des détails supplémentaires sur le fonctionnement du réseau. L’enquête se poursuit et des accusations de vol qualifié, d’extorsion et d’homicide ont été retenues.

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