Le Premier ministre Sébastien Lecornu a dévoilé le 9 septembre 2026 sa stratégie budgétaire pour 2027 dans une lettre adressée aux entrepreneurs. Il promet de baisser la surtaxe sur les bénéfices des grandes entreprises et de sanctuariser l’apprentissage, tout en faisant face aux critiques des oppositions politiques.
Face à des liens distendus avec le monde économique depuis la dissolution et sur fond d’instabilité politique persistante, l’exécutif tente de renouer le dialogue. Dans un courrier adressé aux chefs d’entreprise que Le Figaro a pu consulter, le chef du gouvernement formalise un pacte de stabilité
budgétaire.
Une baisse de la contribution exceptionnelle pour les grandes entreprises
Le gouvernement a arrêté ses arbitrages pour le projet de loi de finances (PLF) de 2027, dont la présentation officielle est fixée au 30 septembre. Le Premier ministre annonce qu’il diminuera
la contribution exceptionnelle sur les bénéfices des grandes entreprises. L’exécutif étudiait initialement la reconduction de cette surtaxe pour une troisième année consécutive, mais le ministre de l’Économie, Roland Lescure, plaidait pour une baisse.
dans le budget 2027 la contribution exceptionnelle sur les bénéfices des grandes entreprises. Le gouvernement étudiait la reconduction pour une troisième année de cette surtaxe, mais le ministre de l’Economie, Roland Lescure, plaidait pour une baisse. M.
Sébastien Lecornu a en effet estimé que maintenir cette surtaxe à l’identique enverrait un très mauvais signal aux investisseurs internationaux
. Toutefois, le gouvernement ne procède pas à une suppression pure et simple de la mesure, une suppression pourtant réclamée par le PDG de TotalEnergies, Patrick Pouyanné. Ce dernier avait menacé de mettre fin au plafonnement des prix des carburants dans ses stations-service en cas d’instauration d’une autre taxe spécifique ciblant les superprofits énergétiques.
Des dépenses contraintes et un équilibre budgétaire sous tension
Le maintien partiel de cette contribution exceptionnelle s’explique par un contexte budgétaire particulièrement contraint. L’exécutif doit faire face à des dépenses
que le gouvernement qualifie de pas choisies
, parmi lesquelles figurent la prolongation des aides ciblées pour compenser la hausse des prix des carburants en raison de l’enlisement du conflit au Moyen-Orient, ainsi qu’une enveloppe de soutien de plus d’un milliard d’euros allouée aux agriculteurs touchés par les sécheresses et les canicules.
Pour justifier cette orientation, le chef de l’exécutif met en avant la nécessité d’offrir un cap lisible aux acteurs économiques :
Vous avez besoin de visibilité. La France, elle, a besoin de croissance.
Le Premier ministre rappelle en outre que le budget pour 2027 reposera d’abord sur la stabilité fiscale
sans créer de nouvel impôt.
Sanctuarisation de l’apprentissage et mesures de transmission
Pour faciliter la transmission des entreprises, le budget 2027 confirme le maintien du pacte Dutreil consacré aux sociétés familiales, couplé à la création d’un pacte Papin
— nommé d’après le ministre des PME Serge Papin — destiné aux transmissions aux salariés.
Vives réactions de l’opposition face au projet
Ces arbitrages budgétaires ont immédiatement provoqué de fortes contestations au sein de l’opposition de gauche. Manuel Bompard, coordinateur de La France insoumise, a dénoncé un Premier ministre toujours contre le peuple, toujours au service des multinationales
qui cherche à faire payer les malades et les retraités
.
De son côté, Olivier Faure, patron du Parti socialiste et candidat à la primaire de la gauche social-démocrate, a fustigé un choix politique défavorable aux ménages modestes :
Mathilde Panot, cheffe de file des députés LFI, a également adressé un courrier à Sébastien Lecornu pour estimer que cette situation budgétaire traduit le bilan accablant de dix années de politique de l’offre
, tout en l’accusant d’exercer un chantage à la dette
.