Publié le 27 décembre 2025 13:39:00. Une étude de longue haleine menée sur des singes révèle qu’une réduction modérée de l’apport calorique pourrait ralentir le vieillissement cérébral et offrir une protection contre les maladies neurodégénératives comme la maladie d’Alzheimer.
- Une restriction calorique de 30 % a démontré une amélioration de la communication entre les nerfs et une meilleure protection des cellules nerveuses chez les singes rhésus.
- L’étude suggère que le corps passe en « mode économie » avec une alimentation réduite, optimisant le fonctionnement cellulaire.
- La dégradation de la myéline, une couche protectrice des fibres nerveuses, est liée au déclin mental, et la restriction calorique semble préserver son intégrité.
Des chercheurs de l’Université de Boston ont mis en évidence un lien prometteur entre l’alimentation et la santé cérébrale. Après plus de deux décennies d’observation, une étude comparant des singes rhésus nourris normalement à ceux soumis à une restriction calorique significative a révélé des différences notables dans la structure et la fonction de leur cerveau.
Les singes ayant reçu 30 % moins de calories ont présenté des signes d’une communication nerveuse plus stable et d’une protection accrue des cellules nerveuses. Ces résultats suggèrent que le corps, confronté à une diminution de l’apport énergétique, active un mécanisme d’adaptation qui optimise le fonctionnement cellulaire et atténue certains des processus de vieillissement.
L’analyse s’est particulièrement concentrée sur la myéline, une couche graisseuse essentielle qui recouvre les fibres nerveuses et accélère la transmission des signaux. Avec l’âge, cette couche protectrice tend à s’amincir, augmentant l’inflammation et fragilisant les nerfs. Or, les singes soumis à une restriction calorique ont affiché une activité génétique plus élevée liée à la myéline, des voies métaboliques plus efficaces et une couche de myéline globalement plus robuste. Les cellules responsables de la production de myéline fonctionnaient également de manière plus performante.
Ce lien entre la dégradation de la myéline et le déclin mental est déjà bien établi chez l’homme. Les maladies neurodégénératives telles que la maladie de Parkinson, la sclérose latérale amyotrophique (SLA) ou la maladie d’Alzheimer sont souvent associées à une perte d’efficacité cérébrale et à des processus cellulaires dysfonctionnels. La nouvelle recherche renforce l’idée que l’alimentation pourrait jouer un rôle préventif.
La neurobiologiste Ana Vitantonio explique à Science Alert :
« La restriction calorique est depuis longtemps considérée comme une stratégie pour ralentir le vieillissement biologique, mais les données actuelles fournissent des preuves à long terme rares et précieuses de ses effets positifs spécifiques sur le cerveau. »
Ana Vitantonio, neurobiologiste
Bien que l’étude ait été menée sur un nombre limité de singes rhésus, la similarité entre leur structure cérébrale et celle de l’homme laisse entrevoir la possibilité que ces effets bénéfiques puissent également se produire chez l’être humain. Des recherches supplémentaires seront nécessaires pour confirmer ces résultats et déterminer les implications concrètes pour la santé humaine.
cz
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