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Santé

Sémaglutide réduit les journées d’abus d’alcool chez les patients atteints de troubles liés à l’alcool et à l’obésité

Les patients sous sémaglutide ont enregistré une baisse de 41,1 % des jours de consommation excessive d'alcool lors d'un essai clinique, incitant les laboratoires à tester les…

Sémaglutide réduit les journées d'abus d'alcool chez les patients atteints de troubles liés à l'alcool et à l'obésité

Les patients sous sémaglutide ont enregistré une baisse de 41,1 % des jours de consommation excessive d’alcool lors d’un essai clinique, incitant les laboratoires à tester les agonistes du récepteur du GLP-1 contre l’addiction et les troubles cérébraux.

Le sémaglutide réduit la consommation excessive d’alcool

L’essai mené auprès de patients adultes souffrant de troubles liés à l’usage d’alcool et d’obésité apporte un éclairage précis sur l’efficacité de ces molécules.

Chaque participant a suivi dix séances de thérapie cognitivo-comportementale pour acquérir des mécanismes comportementaux. La moitié du groupe a reçu une injection hebdomadaire de sémaglutide, tandis que l’autre moitié recevait un placebo.

Sur une période de 26 semaines, la baisse s’est avérée nette.

Les patients sous sémaglutide ont enregistré une diminution de 41,1 % des jours de consommation excessive, dépassant le groupe placebo de 13,7 points de pourcentage. Nora Volkow, directrice de l’Institut national sur l’abus des drogues, a exprimé son optimisme quant aux mécanismes biologiques en jeu, déclarant que les chercheurs commencent à concrétiser le potentiel de ces molécules pour traiter l’addiction aux drogues.

Sémaglutide réduit les journées d'abus d'alcool chez les patients atteints de troubles liés à l'alcool et à l'obésité
Photo : Yahoo Health

L’industrie pharmaceutique accélère le développement des traitements

L’intérêt de l’industrie pharmaceutique pour ces molécules s’accélère à mesure que les données s’accumulent, un domaine salué par Lorenzo Leggio, chercheur en addictologie aux National Institutes of Health à Baltimore.

Les entreprises pharmaceutiques se sont lancées dans le développement de ces composés pour traiter l’addiction, la schizophrénie et la dépression, s’appuyant sur des années de travaux menés par des chercheurs universitaires comme Christian Hendershot, de l’Université de Southern California, qui estime que l’arrivée des essais industriels va accélérer l’accès aux traitements et conduire à des approbations par la Food and Drug Administration pour traiter l’addiction.

Sa demi-vie et ses propriétés le rendent particulièrement adapté, tandis que Baseline Therapeutics prévoit de lancer un essai clinique sur un composé GLP-1 pour les troubles liés à l’alcool au début de l’année 2027, avec des essais de phase III pour le BT-001 programmés pour la même période. Les médicaments de cette classe imitent des hormones intestinales impliquées dans la régulation de la glycémie et d’autres fonctions, provoquant chez les patients une baisse d’intérêt pour l’alcool et le tabac dont les bénéfices surpassent ceux des médicaments actuellement homologués.

Les agonistes du GLP-1 influencent les achats impulsifs

Michael Platt, neuroscientifique et professeur à Wharton, indique que les médicaments modifieront le système de récompense du cerveau, ce qui pourrait supprimer des tentations telles que les achats de produits de luxe ou les jeux d’argent.

Sémaglutide réduit les journées d'abus d'alcool chez les patients atteints de troubles liés à l'alcool et à l'obésité
Photo : CBS News

Cette hypothèse découle de recherches antérieures menées par Geoff Cook, directeur général de l’entreprise de santé numérique Noom, qui finance l’étude de Wharton.

Le coût des traitements suscite des inquiétudes financières

Si les bénéfices métaboliques et comportementaux se multiplient, la facture pèse sur les foyers.

Comme le note Wildaliz Caro, docteur et collaboratrice médicale dans un centre de réhabilitation, le traitement doit également aborder les émotions, les pensées et les circonstances qui contribuent aux comportements addictifs. Pour les spécialistes, la médication crée l’espace biologique nécessaire, mais la psychothérapie, le soutien social et les changements d’environnement restent indispensables pour rendre la rémission durable, car modifier le cerveau ne suffit pas nécessairement à transformer toute la vie environnante.

Certaines informations de cet article s’appuient sur des données et des annonces officielles émanant d’essais cliniques, d’organismes de recherche et d’enquêtes sectorielles.

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À propos de l’auteur: Sophie Martin

Sophie Martin suit les sujets de santé, de prévention, de recherche médicale et de politiques publiques. Ses articles rappellent les limites de l’information générale et encouragent la consultation de professionnels qualifiés.