Les marchés financiers restent dans l’incertitude, tiraillés entre des données économiques mitigées et une politique monétaire potentiellement restrictive. La semaine écoulée a été marquée par une légère baisse des indices boursiers, des inquiétudes persistantes concernant l’inflation et une paralysie politique aux États-Unis qui entrave la publication de statistiques clés.
Les valeurs technologiques ont particulièrement souffert, perdant environ 3 % à la clôture, fragilisées par des valorisations élevées et le flou entourant la rentabilité des investissements dans l’intelligence artificielle. Le secteur de l’or a affiché une relative stabilité, malgré un pic temporaire au-dessus de 4 000 $ US (environ 3 700 €), la prudence des investisseurs étant renforcée par des indicateurs contrastés.
Un rapport américain publié jeudi dernier a révélé 153 074 licenciements annoncés en octobre, le chiffre mensuel le plus élevé depuis 2003. Bien que le rapport sur l’emploi d’octobre ait fait état d’une légère reprise de la création d’emplois, le manque de dynamisme des petites et moyennes entreprises et la vague de suppressions de postes témoignent d’une fragilité du marché du travail.
Les investisseurs anticipent désormais une probabilité de 63 % d’une nouvelle hausse de 0,25 point de pourcentage du taux directeur de la Réserve fédérale américaine lors de sa réunion de décembre – un revirement par rapport aux attentes précédentes d’un assouplissement monétaire plus rapide.
Les responsables de la Fed ont exprimé des opinions divergentes. Beth Hammack, présidente de la Fed de Cleveland, a mis en garde contre un risque inflationniste plus important que la faiblesse du marché du travail, déclarant : « Les pressions sur les prix représentent un risque plus important que la faiblesse du marché du travail. » Michael Barr, gouverneur de la Fed, a souligné quant à lui qu’il « reste du travail à faire » pour maîtriser l’inflation. Austan Goolsbee, président de la Fed de Chicago, a exprimé son inquiétude face à la prise de décisions sans données fiables, en raison de l’arrêt du gouvernement.
La paralysie politique aux États-Unis, la plus longue de l’histoire, a des conséquences directes sur l’économie. Le Congressional Budget Office estime que cette situation pourrait réduire la croissance annuelle du quatrième trimestre de 1,0 % à 2,0 %, selon la date de résolution du blocage.
La livre sterling (GBP) a rebondi, dépassant légèrement le seuil de 1,30 $ US (environ 1,20 €) après une semaine difficile. Les marchés attendent avec attention le rapport sur l’emploi britannique de septembre, qui sera publié cette semaine, notamment après la décision serrée de 5 voix contre 4 de la Banque d’Angleterre (BoE) de maintenir son taux directeur à 4,00 %.
L’activité économique au Royaume-Uni reste atone, avec un ralentissement du marché du travail et de la croissance des salaires. Les marchés financiers anticipent un assouplissement monétaire d’environ 0,14 point de pourcentage lors de la réunion de décembre (probabilité de 60 %). Les prévisions tablent sur une augmentation de l’inflation à 4,9 %, contre 4,8 %, avec une croissance des salaires modérée. Andrew Bailey, gouverneur de la BoE, a précisé que de nouvelles mesures dépendront des prochains chiffres de l’inflation, confirmant la tendance à la modération observée en septembre.
Des données économiques britanniques plus solides que prévu pourraient inciter à un durcissement de la politique monétaire, soutenant ainsi la livre sterling. À l’inverse, des chiffres décevants pourraient entraîner une réévaluation, ouvrant la voie à une baisse des taux et pesant sur la devise.
Sur le marché des changes GBP/USD, les analystes surveillent une configuration technique particulière, avec une zone de demande entre 1,2871 $ US et 1,3016 $ US (environ 1,20 € et 1,18 €) et la formation d’un schéma haussier AB=CD à 1,3078 $ US (environ 1,19 €). Les objectifs de prix potentiels se situent à 1,3307 $ US et 1,3491 $ US (environ 1,22 € et 1,24 €), correspondant respectivement aux ratios de retracement de Fibonacci de 38,2 % et 61,8 %.
Enfin, le rapport sur l’emploi australien d’octobre, publié jeudi, sera également scruté. Les prévisions tablent sur un taux de chômage en baisse à 4,4 %, contre 4,5 % en septembre, et une création de 20 000 emplois, contre 14 900 le mois précédent. Ces chiffres, ainsi qu’une pression inflationniste persistante, ont incité la Banque de réserve d’Australie (RBA) à maintenir son taux directeur inchangé à 3,60 % pour la deuxième réunion consécutive. Les marchés anticipent actuellement moins de 0,05 point de pourcentage de baisses de taux lors de la réunion de décembre.
Une croissance de l’emploi plus faible et une augmentation du chômage pourraient signaler un environnement de stagflation, où le ralentissement de la croissance coexiste avec une inflation tenace, ce qui pourrait peser sur le dollar australien. À l’inverse, une forte création d’emplois et une baisse du chômage pourraient stimuler la devise, mais ce rally pourrait être de courte durée compte tenu des positions actuelles du marché.
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