Publié le 9 octobre 2024 à 05:01:00. Les marchés financiers mondiaux ont connu un septembre positif, porté par la performance des pays émergents et une légère détente monétaire aux États-Unis, malgré une inflation persistante dans la zone euro.
- Les marchés émergents ont affiché la meilleure performance du mois, avec une hausse de 7,2 %, tirée par la Chine.
- La Réserve fédérale américaine (Fed) a abaissé ses taux d’intérêt de 25 points de base, anticipant deux nouvelles baisses d’ici la fin de l’année.
- L’inflation dans la zone euro a légèrement augmenté en septembre, atteignant 2,2 %, ce qui a conduit la Banque centrale européenne (BCE) à maintenir ses taux inchangés.
Septembre a marqué un tournant positif pour les marchés financiers mondiaux, avec une progression observée dans l’ensemble des classes d’actifs. Les actions des pays émergents ont particulièrement brillé, enregistrant une augmentation de 7,2 %. Cette performance est largement attribuable à la dynamique chinoise et à des perspectives de croissance des bénéfices des entreprises plus favorables que prévu. Les indices boursiers américains et européens ont également progressé, mais dans une moindre mesure, avec des hausses de 3,6 % et 1,5 % respectivement.
La décision de la Fed de réduire ses taux d’intérêt a été bien accueillie par les marchés américains. Cependant, une inflation légèrement plus élevée en août (2,9 % contre 2,7 % en juillet) a freiné une croissance plus forte. Malgré ce léger rebond de l’inflation, la Fed a abaissé ses taux directeurs de 25 points de base, les portant à une fourchette de 4,00 % à 4,25 %, et prévoit deux nouvelles réductions avant la fin de l’année.
Du côté des obligations, le segment américain investment grade a progressé de 1,3 %, suivi de près par les obligations d’État américaines (0,7 %) et les obligations à haut rendement (0,6 %). En Europe, les obligations à haut rendement ont enregistré une hausse de 0,5 %, tandis que les obligations investment grade et les obligations d’État allemandes ont vu leurs prix augmenter de 0,4 % et 0,2 % respectivement. Les marchés émergents ont clôturé le mois avec une hausse de 0,9 %.
Les données économiques américaines publiées en septembre n’ont pas révélé de signes de fragilité majeure. La création d’emplois a ralenti, mais est restée positive, et le marché du travail s’est stabilisé, permettant un ralentissement de la croissance des salaires sans entraîner une forte augmentation du chômage. Les ventes de logements neufs ont atteint leur plus haut niveau depuis le début de 2022, et les dépenses des ménages ont augmenté de 0,4 % en termes réels en août, pour le troisième mois consécutif. Les estimations préliminaires indiquent une croissance du PIB américain de 3,8 % au deuxième trimestre, une nette révision à la hausse par rapport aux prévisions initiales, après une contraction de 0,6 % au premier trimestre.
La situation économique dans la zone euro a été plus contrastée en septembre. L’indice du climat des affaires a continué de se redresser, malgré le pessimisme persistant dans le secteur manufacturier. L’indice PMI global a atteint 51,2, grâce à une amélioration significative dans le secteur des services, qui a enregistré son plus haut niveau depuis la fin de l’année précédente. La production industrielle allemande a connu sa première hausse en quatre mois en juillet, avec une augmentation mensuelle de 2,2 %. Cette progression, combinée à une forte hausse en Italie, a compensé les baisses observées en Espagne et en France.
L’inflation dans la zone euro a atteint 2,2 % en septembre, dépassant les niveaux des mois précédents et l’objectif de 2 % fixé par la BCE. Cette augmentation est principalement due à un ralentissement de la baisse des coûts de l’énergie, qui n’ont diminué que de 0,4 % après une baisse de 2,0 % en août. L’inflation des services a progressé à 3,2 %, tandis que les prix des produits alimentaires, de l’alcool et du tabac ont augmenté à un rythme plus modéré de 3 %. La BCE a maintenu son taux de dépôt à 2,0 % pour la deuxième réunion consécutive.
La Chine a joué un rôle déterminant dans la performance des marchés émergents, grâce à des mesures de relance budgétaire et monétaire, ainsi qu’à des prévisions de bénéfices des entreprises revues à la hausse. Les cours boursiers chinois ont bondi de 9,3 %, contribuant largement à la hausse globale de 7,2 % de l’indice des pays émergents. Malgré un ralentissement de son activité manufacturière, l’Inde a également bénéficié d’une croissance stable de ses exportations, notamment vers des marchés autres que les États-Unis. Dans l’ensemble, plusieurs économies émergentes ont profité d’un contexte financier mondial plus favorable, caractérisé par un dollar américain plus faible et des taux d’intérêt plus bas.