Le président du syndicat United Auto Workers, Shawn Fain, a déclaré sa victoire à l’élection interne de l’organisation pour un second mandat de quatre ans. S’appuyant sur les résultats préliminaires du scrutin et le dépouillement mené par le contrôleur fédéral, le dirigeant syndical l’emporte face à cinq opposants, consolidant la ligne combative adoptée par le syndicat depuis la grève ciblée de 2023.
Une large avance pour la liste United UAW face aux candidats d’opposition
Le scrutin de l’automne a mobilisé les membres autour de la direction sortante.
L’ensemble de la liste « United UAW » soutenue par Fain s’est imposé dans les scrutins pour le bureau exécutif international.

La participation est demeurée faible, avec un peu plus de 10 % des 400 000 membres actifs et des 600 000 retraités du syndicat ayant renvoyé leurs bulletins de vote par correspondance.
Dans la course pour la direction de la région 9 couvrant le centre de New York, le New Jersey et la Pennsylvanie, Jim Lakeman a obtenu 54 % des suffrages en faveur de sa réélection, tandis que la liste United UAW menée par Shawn Fain n’avait pas accordé son investiture dans cette course précise. Par ailleurs, Mike Miller et Brandon Mancilla ont été réélus sans opposition, respectivement dans la région 6 pour l’Ouest américain et dans la région 9A couvrant le reste de la Nouvelle-Angleterre.
Les tensions avec le moniteur fédéral et les répercussions internes
Cette campagne électorale s’est déroulée dans un contexte institutionnel complexe, marqué par des enquêtes de la part du contrôleur fédéral nommé par la justice. Ce dernier a notamment examiné des allégations de représailles visant des membres du bureau, dont Margaret Mock et Rich Boyer.
Malgré ces controverses, le mandat renouvelé confirme l’adhésion d’une part significative des adhérents à la stratégie agressive menée face aux constructeurs automobiles. Marick Masters, analyste et professeur interrogé par la presse, souligne la portée de ce scrutin : selon Reuters, Marick Masters a déclaré : « Il dispose d’un mandat clair pour sa direction, en particulier compte tenu des difficultés qu’il a eues avec le contrôleur et des soupçons généralisés quant à une possible interférence de ce dernier dans cette élection. »
Préparer les négociations salariales de 2028 face aux constructeurs automobiles
Fort de ce nouveau soutien, le syndicat tourne désormais son regard vers les échéances conventionnelles à venir. Les conventions collectives liant le syndicat aux constructeurs General Motors, Ford et Stellantis arriveront à expiration le 1er mai 2028. Lors des négociations de 2023, la stratégie de grèves tournantes menée par la direction avait permis d’obtenir des augmentations salariales supérieures à 25 % sur quatre ans, l’abolition des grilles de salaires différenciés et le retour des mécanismes d’indexation sur le coût de la vie.

Pour le prochain cycle de discussions, la direction entend exiger le rétablissement des régimes de pensions pour l’ensemble des salariés, un avantage supprimé pour les nouveaux embauchés en 2007 lors de la crise de l’industrie automobile américaine.
Shawn Fain a déclaré au Detroit News : « Les membres se sont exprimés. Les membres de l’UAW sont unis et veulent que nous continuions à nous battre et à bâtir sur ce que nous avons accompli. »
Dans une déclaration écrite diffusée à l’issue de l’élection, Shawn Fain a insisté sur la nécessité de maintenir la pression sur le secteur privé : Nous sommes survoltés à l’idée de mener des négociations dans des endroits comme John Deere, Volvo et General Dynamics Land Systems en 2027, en vue de l’expiration des contrats des Trois Grands le 1er mai 2028.
Les membres et les structures locales se mobilisent dès à présent pour structurer les revendications à venir. Candyla Brown, adhérente de la section locale 551 et employée au sein de l’usine d’assemblage Ford de Chicago qui emploie 5 000 salariés, a exprimé son soutien à la liste United UAW afin de maintenir le cap pour 2028, obtenir des augmentations de salaire permettant de faire face à l’inflation, ainsi que la reconquête des pensions et de la couverture santé après le départ à la retraite.
Tandis que certaines usines d’assemblage de véhicules électriques subissent des ralentissements de la demande à la suite de la suppression de crédits d’impôt fédéraux, la direction syndicale entend capitaliser sur ses succès organisationnels passés pour faire face aux défis technologiques et économiques d’ici l’échéance de 2028.