L’actrice sud-coréenne Shim Eun-kyung s’est illustrée au Japon en acceptant un rôle qui lui a valu une reconnaissance internationale, mais son dernier film, « Voyages et Jours », explore une nouvelle facette de son talent, où le silence et la subtilité priment. Ce long métrage indépendant, salué par la critique, a dépassé les 40 000 spectateurs en seulement deux semaines après sa sortie le 24 septembre.
Dans « Voyages et Jours », Shim Eun-kyung incarne Lee, un scénariste coréen en quête de renouveau après un blocage créatif. Il trouve refuge dans une petite auberge isolée, nichée au cœur d’un paysage hivernal enneigé, où il noue des liens inattendus avec le propriétaire, Benzo (Shinichi Tsutsumi), et redécouvre des émotions enfouies. Le film, réalisé par Sho Miyake, explore la thématique du voyage intérieur et de la reconnexion à soi.
Sho Miyake, un réalisateur japonais de la nouvelle génération, a adapté le film à partir des œuvres de Yoshiharu, « Western View of the Beach » et « Honyara-dong no Bensang », en modifiant spécifiquement le personnage principal pour qu’il corresponde à Shim Eun-kyung. Leur collaboration a débuté lors d’un festival du film à Busan, où ils ont échangé sur le travail de Miyake et l’approche de l’actrice.
« Dès que j’ai lu le scénario, je me suis demandée comment le réalisateur pouvait en savoir autant sur moi », a confié Shim Eun-kyung, touchée par la manière dont le film met en lumière ses vulnérabilités. Elle a souligné l’importance de ce rôle, affirmant qu’elle recherchait depuis longtemps un projet qui lui permettrait d’explorer une forme d’expression plus minimaliste.
Le réalisateur a salué la performance de l’actrice, la qualifiant de « complètement différente de tout ce qu’elle avait fait auparavant ». Il a également noté son approche du jeu, où l’absence de dialogues excessifs est compensée par une présence magnétique et une subtilité émotionnelle.
Shim Eun-kyung a expliqué que le jeu consistait souvent à « simplement exister devant la caméra », en laissant l’environnement et les interactions avec les autres personnages raconter l’histoire. Elle a souligné que chaque geste, chaque regard, était le fruit d’une réflexion approfondie et d’une collaboration étroite avec le réalisateur.
L’intégration de dialogues et de textes en coréen dans le film a été une décision prise en post-production, afin de refléter l’identité du personnage et de renforcer l’authenticité de son expérience. L’actrice a également évoqué l’impact du froid glacial de l’auberge, qui a contribué à l’immersion dans l’univers du film.
Shim Eun-kyung a exprimé son admiration pour Sho Miyake, le qualifiant de « meilleur réalisateur de sa génération ». Elle a souligné son attention aux détails, sa sensibilité et son amour profond pour le cinéma. Elle a également partagé une anecdote sur une lettre que le réalisateur a adressée à toute l’équipe avant le tournage, soulignant l’importance du travail collectif.
Après avoir connu le succès avec « Sunny » en 2011 et remporté le prix de la meilleure actrice aux Baeksang Arts Awards pour « Suspicious Granny », Shim Eun-kyung a étendu sa carrière au Japon, où elle a reçu l’équivalent du César japonais pour « Newspaper Reporter ». Elle a admis avoir parfois douté de ses capacités, mais a affirmé qu’elle n’avait jamais regretté ses choix.
L’actrice a également évoqué ses projets futurs, notamment son rôle dans le drame du 100e anniversaire de la NHK, « Queen of Mars », et dans la série coréenne « Comment devenir propriétaire d’un immeuble en Corée ». Elle a exprimé son intérêt pour les comédies noires et son désir de relever de nouveaux défis.
Shim Eun-kyung a conclu en partageant une nouvelle perspective sur sa carrière : « Je ne veux plus compter sur moi-même. » Elle a expliqué qu’elle avait appris à accepter l’imprévisibilité de la vie et à se concentrer sur le moment présent, en donnant le meilleur d’elle-même chaque jour.
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