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Si elle doit partir

by Sophie Martin

Une grand-mère, consciente de l’approche de la fin, exprime son acceptation sereine et son désir de préparer son départ, malgré les assurances médicales quant à son rétablissement. Son état mental, marqué par la démence, contraste avec une lucidité poignante concernant sa propre mortalité.

Après une période d’hospitalisation, les médecins se déclarent satisfaits de l’évolution de la patiente et autorisent son retour à domicile. Cependant, cette nouvelle est accueillie non pas avec joie, mais avec une requête troublante : s’assurer que sa future sépulture soit bien définie. La fatigue se lit sur son visage, et elle répète inlassablement ses regrets de quitter ses proches.

« J’ai tout accompli, tout… », confie-t-elle, une phrase qui revient sans cesse, même lorsqu’elle manifeste son irritation envers le personnel soignant. Son esprit semble désormais uniquement tourné vers un sentiment de plénitude, une forme de contentement face à l’inéluctable. Ses proches tentent de la rassurer, lui assurant qu’elle va mieux et qu’elle pourra bientôt rentrer chez elle, mais elle reste inflexible.

Ses mains, nouées par l’arthrite, tordent nerveusement l’ourlet de sa blouse d’hôpital, les articulations déformées témoignant du poids des années. Ses jambes, inhabituellement découvertes, semblent symboliser une vulnérabilité accrue. La démence, décrite comme un « linceul d’opacité dansante », voile son esprit, mais par moments, la clarté perce.

Dans un moment de lucidité, elle interroge : « Pourquoi faut-il que ce soit une si belle vie, et seulement la souffrance à la fin ? ». Cette question, empreinte d’une tristesse profonde, révèle une acceptation résignée de son sort, tandis que le voile de la démence semble s’éclaircir, laissant entrevoir la conscience aiguë de sa propre fin de vie.

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