Home Divertissement« Si vous voulez un film d’horreur traditionnel, regardez autre chose » – The Irish Times

« Si vous voulez un film d’horreur traditionnel, regardez autre chose » – The Irish Times

by Antoine Girard

Publié le 17 décembre 2025 14h18. Luc Besson revient au cinéma avec une relecture flamboyante et romantique du mythe de Dracula, un projet qui marque un retour aux productions spectaculaires qui ont fait sa renommée dans les années 1990.

  • Le nouveau film met en vedette Caleb Landry Jones dans le rôle de Dracula, un personnage tourmenté par la perte de sa bien-aimée.
  • Besson souligne le talent exceptionnel de Landry Jones, le comparant à Gary Oldman pour son dévouement et son instinct.
  • Le réalisateur se remémore les critiques initiales autour du « cinéma du look » qui ont marqué ses débuts, tout en affirmant son attachement à la créativité et à l’artisanat.

Après une période difficile marquée par des accusations et des revers financiers, Luc Besson semble retrouver son second souffle avec Dracula. Le film, qui revisite l’histoire de Bram Stoker, se distingue par son esthétique audacieuse et son approche centrée sur la romance éternelle du comte.

Caleb Landry Jones, révélé récemment dans Dogman, incarne un Vlad Dracul accablé par le chagrin après la perte de sa femme, Elisabeta (Zoë Bleu). Il passe quatre siècles à la recherche de sa réincarnation, qu’il retrouve en la personne de Mina (également Zoë Bleu), fiancée du notaire Jonathan Harker (Ewens Abid). L’intrigue se déroule dans le Paris de la Belle Époque, où Dracula poursuit Mina.

Besson décrit son nouveau chef-d’œuvre comme un spectacle flamboyant, avec des costumes extravagants, des décors d’opéra et une reconstitution minutieuse de l’Exposition universelle de Paris de 1889. Il insiste cependant sur le fait qu’il ne s’agit pas d’un film d’horreur traditionnel.

« Si quelqu’un veut un film d’horreur traditionnel, il devrait regarder autre chose. »

Luc Besson, réalisateur

Le réalisateur se concentre sur l’aspect romantique de l’histoire, une facette qui l’a particulièrement touché lors de sa relecture du roman de Stoker.

« Ce qui m’a ému, lorsque j’ai relu le livre, c’est l’idée d’un homme attendant 400 ans simplement pour dire au revoir à sa femme. C’était d’un romantisme déchirant. C’est l’histoire que je voulais raconter. »

Luc Besson, réalisateur

Besson, dont la carrière a débuté dans les années 1980, se souvient des critiques qui lui étaient adressées à l’époque, notamment l’étiquette péjorative de « cinéma du look », attribuée à lui, Jean-Jacques Beineix et Leos Carax. Il défendait alors son approche, la comparant à la Nouvelle Vague des années 1960.

« Jean-Luc Godard et François Truffaut se rebellaient contre les valeurs culturelles existantes et utilisaient le cinéma comme moyen d’expression simplement parce que c’était le média le plus avant-gardiste à l’époque. Aujourd’hui, la révolution se produit entièrement au sein de l’industrie et est menée par des gens qui veulent changer l’apparence des films en les rendant meilleurs, plus convaincants et plus agréables à regarder. »

Luc Besson, cité par le New York Times en 1985

Le réalisateur souligne l’importance de l’artisanat et de la collaboration dans son processus créatif, préférant une équipe restreinte et un travail minutieux aux productions hollywoodiennes à grande échelle. Il met en avant le talent de Caleb Landry Jones, qu’il considère comme un acteur exceptionnel, capable de se livrer pleinement à son rôle.

« Caleb est l’un de ces rares acteurs qui vous donnent absolument tout : l’émotion, la noirceur, la fragilité, la joie. Il n’a aucune difficulté à s’ouvrir complètement. Et, en tant qu’être humain, il est incroyablement doux et poli, entièrement concentré sur son travail. »

Luc Besson, réalisateur

Dracula fait suite à une période tumultueuse pour Besson, marquée par des accusations de viol dont il a finalement été innocenté en 2023. La société EuropaCorp, qu’il a fondée en 1985, a également connu des difficultés financières après l’échec commercial de Valérian et la Cité des mille planètes en 2017, un film ambitieux qui a coûté au moins 200 millions de dollars. Plus d’informations sur l’échec de Valérian.

Besson a rebondi en produisant des films comme Weekend in Taipei, un succès au Taiwan, et en développant des projets plus intimistes, comme June and John, tourné avec des téléphones portables pendant la pandémie. Il affirme que l’écriture quotidienne, une habitude qu’il a depuis l’âge de 17 ans, est essentielle à sa créativité.

« J’écris tous les jours depuis l’âge de 17 ans – les vacances, les week-ends, peu importe. Je me réveille à 4h30 du matin, je fais du thé, je mets de la musique et j’écris pendant deux ou trois heures. C’est ma forme de gymnastique. »

Luc Besson, réalisateur

Besson, qui se décrit comme moins rebelle qu’autrefois, semble avoir trouvé un équilibre entre son esthétique audacieuse et une approche plus mature de la narration. Il critique l’influence croissante des données et des considérations marketing dans l’industrie cinématographique, plaidant pour un retour à la créativité et à la confiance envers les artistes.

Dracula est disponible dès maintenant sur les plateformes numériques et en DVD et Blu-ray à partir du lundi 22 décembre.

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