Publié le 3 décembre 2025 à 12h28. Les autorités philippines ont adopté une nouvelle réglementation concernant le Fonds pour l’éducation spéciale (SEF), une initiative clé pour lutter contre la crise de l’apprentissage et améliorer l’accès à l’éducation, notamment pour les plus jeunes enfants.
- Une circulaire conjointe (JC) a été signée par plusieurs ministères pour rationaliser l’utilisation du SEF.
- Les fonds pourront désormais financer des programmes essentiels tels que la petite enfance, la nutrition et l’alphabétisation.
- La Commission du Congrès sur l’éducation (EDCOM 2) salue cette avancée comme une étape cruciale pour renforcer les fondations du système éducatif.
Manille, Philippines – Une nouvelle ère s’ouvre pour le financement de l’éducation aux Philippines. La deuxième Commission du Congrès sur l’éducation (EDCOM 2) a accueilli favorablement la signature d’une circulaire conjointe (JC) qui redéfinit les règles d’utilisation du Fonds pour l’éducation spéciale (SEF). Cette initiative, fruit d’une collaboration entre le ministère de l’Éducation (DepEd), le ministère du Budget et de la Gestion (DBM), le ministère de l’Intérieur et des Gouvernements locaux (DILG) et le ministère des Finances (DOF), vise à répondre aux besoins urgents des collectivités locales et des établissements scolaires face à la crise actuelle de l’apprentissage.
Selon le Dr Karol Mark Yee, directeur exécutif d’EDCOM 2, cette circulaire représente un tournant décisif.
« Cette circulaire commune historique est ce qui nous permettra de réparer les fondations. »
Dr Karol Mark Yee, directeur exécutif d’EDCOM 2
Il explique que la mise à jour et la simplification des directives du SEF, en intégrant des domaines cruciaux tels que les soins et le développement de la petite enfance (ECCD), la nutrition, le programme du système d’apprentissage alternatif (ALS) et le programme ARAL, garantiront que les fonds soient utilisés de manière efficace par les collectivités locales pour répondre aux besoins des apprenants, en particulier en matière d’alphabétisation.
La nouvelle circulaire vient moderniser les directives existantes, notamment la JC n° 1 de 2017 et les JC n° 1 et 2 de 2020. Elle élargit le champ des dépenses autorisées, permettant aux collectivités locales de soutenir pleinement les lois récentes telles que la loi sur le programme de soins et de développement de la petite enfance (ECCD) (RA n° 12199), le programme national d’alimentation (RA n° 11037) et la loi sur le programme de relance académique et d’apprentissage accessible (ARAL) (RA n° 12028).
L’objectif principal de cette réforme n’est pas seulement de lister les dépenses autorisées, mais surtout d’améliorer les résultats scolaires.
« Grâce à ces lignes directrices mises à jour, les LGU et les écoles peuvent travailler plus étroitement ensemble pour garantir que chaque apprenant philippin atteigne l’alphabétisation et le calcul. »
Dr Karol Mark Yee, directeur exécutif d’EDCOM 2
Concrètement, les collectivités locales (LGU) devront désormais s’appuyer sur les résultats des évaluations de leurs écoles – l’évaluation globale rapide de l’alphabétisation (CRLA), l’inventaire informel de lecture des Philippines (Phil-IRI) et l’évaluation rapide des mathématiques (RMA) – pour orienter leurs budgets SEF. Cette approche permettra de cibler les interventions sur les domaines où les besoins sont les plus criants en matière d’alphabétisation et de compétences numériques.
Le SEF est financé par une taxe de 1 % sur les biens immobiliers, destinée à soutenir l’éducation locale. Auparavant, son impact était limité par des directives restrictives. La répartition des fonds est la suivante : 50 % sont versés aux provinces, les 50 % restants étant conservés par les municipalités. Les villes, quant à elles, conservent l’intégralité des recettes.
EDCOM 2 avait précédemment souligné le sous-investissement et les inégalités dans l’utilisation du SEF, avec des sommes considérables restant non dépensées. Les revenus du SEF varient considérablement d’une LGU à l’autre, et il manquait une stratégie claire pour utiliser ces fonds afin de promouvoir une éducation inclusive, malgré son potentiel.
Des projets de loi visant à renforcer l’impact du SEF, en modifiant le Code du gouvernement local (RA 7160), ont été déposés par les législateurs d’EDCOM 2, notamment les représentants Roman Romulo et Jude Acidre, ainsi que les sénateurs Bam Aquino et Win Gatchalian. Ces propositions ont été intégrées à l’agenda législatif prioritaire du Conseil consultatif de développement législatif et exécutif (LEDAC).
Une version complète de la circulaire commune sera publiée prochainement au Journal officiel.
À lire aussi
