Home DivertissementSober Sue excite : pourquoi la femme n’a jamais ri et a captivé le public

Sober Sue excite : pourquoi la femme n’a jamais ri et a captivé le public

by Antoine Girard

Publié le 2 janvier 2026, 13h31. Au début du XXe siècle, une femme mystérieuse a captivé l’attention du public américain en défiant les plus grands humoristes de l’époque : Susan Kelly, surnommée « Sober Sue », semblait incapable de sourire, même face aux plaisanteries les plus élaborées.

  • En 1907, le Victoria Theatre de New York offrait 100 $ (environ 3 500 $ aujourd’hui) à quiconque parviendrait à faire rire Sober Sue.
  • L’origine de son incapacité à rire pourrait être liée à une forme rare de paralysie faciale, possiblement le syndrome de Möbius.
  • L’expression « Sober Sue » est restée dans le jargon du spectacle pour désigner un public particulièrement difficile à amuser.

Sober Sue a fait ses débuts dans les « freak shows » de l’époque, des attractions populaires qui mettaient en scène des personnes présentant des particularités physiques. À une époque où la différence était souvent exploitée pour le divertissement, Susan Kelly s’est distinguée par son visage impassible. Elle a été mentionnée pour la première fois dans le New York Times le 13 septembre 1903, lorsqu’elle s’est présentée au cabinet de curiosités Huber’s Hall à New York. Mais c’est à l’été 1907, avec des représentations au Roof Garden du Victoria Theatre d’Hammerstein, que sa notoriété a atteint son apogée.

Le Hammerstein’s était alors le principal théâtre de variétés de New York, proposant un éventail de spectacles allant de la magie aux numéros d’animaux. Sober Sue, présentée comme « la fille qui n’a jamais ri », est rapidement devenue l’attraction phare. Le théâtre a même lancé un défi public : quiconque parviendrait à provoquer un sourire chez elle recevrait une récompense de 100 $ (soit l’équivalent d’environ 3 500 $ aujourd’hui). Des comédiens professionnels aux spectateurs ordinaires, tous ont échoué à faire céder l’impassibilité de Sober Sue.

Pour Willie Hammerstein, le propriétaire du théâtre, Sober Sue était une véritable mine d’or. Le public affluait, attiré par la perspective de gagner le prix promis et par la curiosité de voir une femme incapable de rire. Cette situation était d’autant plus avantageuse pour Hammerstein qu’il n’avait pas à payer de cachet aux artistes qui tentaient de faire rire Sober Sue. En revanche, Susan Kelly elle-même recevait un salaire modeste de 20 $ par semaine.

L’origine de l’incapacité de Sober Sue à rire est restée longtemps un mystère. Diverses hypothèses ont été avancées, allant de la surdité à une déficience visuelle partielle. La vérité n’a été révélée qu’après la fin de ses performances au Roof Garden. Il semblerait qu’elle souffrait d’une paralysie faciale et qu’elle ait peut-être été atteinte du syndrome de Möbius, une maladie rare causée par un développement anormal des nerfs crâniens, entraînant une paralysie faciale bilatérale et donnant au visage une expression figée.

L’histoire de Sober Sue a pris une tournure moins glorieuse lorsque l’on a découvert que Hammerstein avait trompé son public et les comédiens. Le 4 juillet 1907, le New York Times annonçait que la décision d’interdire à Sober Sue de se produire au Roof Garden avait été reportée au 8 juillet. Les raisons de cette interdiction ne sont pas clairement établies, mais elles pourraient être liées à la manipulation du public. On ignore quel a été le verdict final.

Ce qu’il est advenu de Sober Sue après 1907 reste inconnu. Cependant, son nom est resté gravé dans l’histoire du spectacle. L’expression « Sober Sue » est devenue synonyme d’un public particulièrement difficile à divertir, comme le rapporte le site hoaxes.org. Les critiques de comédie utilisaient souvent cette expression pour souligner la qualité d’un spectacle, affirmant qu’il était si drôle « qu’il pourrait faire rire même Sober Sue ».

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