Une étude menée auprès de 1 100 étudiants de l’Université du Witwatersrand, à Johannesburg, révèle que 75 % d’entre eux estiment que les coupures de courant, ou « loadshedding », ont perturbé leur sommeil en 2023. Ces interruptions fréquentes, liées à une anxiété accrue, ont également eu un impact direct sur les résultats académiques des étudiants.
L’impact du « loadshedding » sur le sommeil des étudiants
En 2023, l’Afrique du Sud a traversé son année la plus difficile en matière de délestage électrique, avec des coupures planifiées par la compagnie nationale Eskom survenues durant 335 jours. Pour les étudiants, ce contexte a engendré des conséquences notables sur la santé et la cognition. Selon une enquête menée entre août et novembre 2023 auprès de plus de 1 100 étudiants de l’Université du Witwatersrand, près de trois quarts des répondants ont déclaré que ces coupures avaient affecté leur repos.
Parmi ceux dont le sommeil a été perturbé, quatre sur cinq ont rapporté une dégradation de la qualité de leur repos. Le problème le plus fréquemment cité est le sommeil fragmenté, les étudiants se réveillant plus souvent durant la nuit. Les chercheurs de la South African Society for Sleep and Health (SASSH) soulignent que le sommeil est essentiel pour la consolidation de la mémoire, permettant au cerveau de traiter les informations apprises durant la journée « pour repartir sur de nouvelles bases » le lendemain.

Anxiété et logistique au cœur des préoccupations
Les raisons de cette insomnie sont multiples. Près de la moitié des étudiants interrogés ont exprimé une anxiété liée au fonctionnement des appareils domestiques, craignant notamment pour la conservation des aliments dans les réfrigérateurs ou la perte de connexion internet. Environ un tiers des répondants ont cité l’insécurité ressentie dans l’obscurité, tandis qu’une proportion similaire a mentionné l’incapacité d’utiliser des ventilateurs ou des chauffages, rendant les chambres inconfortables.
Le moment de la coupure est également déterminant. Les plages horaires situées entre 20h00 et 00h30 ont été identifiées comme les plus perturbatrices, car elles coïncident avec les routines du soir et l’heure moyenne de coucher des étudiants, fixée à 23h00.
L’accès inégal aux solutions de secours
Toutefois, l’équipement reste inégalement réparti : seuls 40 % des participants à l’étude disposaient d’une telle solution. Les étudiants résidant sur le campus bénéficiaient d’un meilleur accès que ceux logés dans des résidences privées.
La nature de la source d’énergie joue aussi un rôle dans la qualité du repos :
- Panneaux solaires : Moins d’un utilisateur sur quatre a signalé un sommeil dégradé.
- Générateurs et onduleurs : Environ la moitié des utilisateurs ont continué à souffrir de troubles du sommeil, ces dispositifs étant souvent bruyants ou cycliques.
Conséquences sur la performance académique
Le lien entre la dégradation du sommeil et les résultats scolaires est manifeste. Deux tiers des étudiants ont affirmé que le délestage électrique avait nui à leurs études. Plus de la moitié de ces étudiants ont constaté une baisse de leurs notes, tandis que beaucoup ont rapporté arriver en retard en cours ou réduire leur temps de travail personnel lors des coupures. Bien que l’étude ne puisse établir un lien de causalité direct, les tendances observées concordent avec les recherches existantes sur le rôle du sommeil dans l’attention et les fonctions exécutives.
Si la fréquence des coupures a diminué depuis 2023, la pression sur le réseau électrique national demeure une réalité constante. Les chercheurs suggèrent que des options plus silencieuses, comme l’énergie solaire, pourraient offrir une meilleure protection du sommeil que les générateurs traditionnels, tout en insistant sur la nécessité pour les universités de mieux accompagner les étudiants face à ces défis énergétiques.