Home SantéSommes-nous sur le point de sacrifier une génération de jeunes filles ? – Journal Borås

Sommes-nous sur le point de sacrifier une génération de jeunes filles ? – Journal Borås

by Sophie Martin

Publié le 27 août 2025 15:00:00. Une nouvelle étude suédoise révèle un déclin inquiétant des résultats scolaires des jeunes filles, corrélé à une utilisation accrue des réseaux sociaux, tandis que des recherches confirment un impact négatif sur leur capacité de concentration.

  • Les résultats scolaires des filles en Suède diminuent, réduisant l’écart avec les garçons.
  • Une étude du Karolinska Institutet établit un lien entre l’utilisation intensive de Snapchat, TikTok et Instagram et une baisse de la concentration chez les enfants.
  • Le gouvernement suédois envisage de revoir les limites d’âge pour l’accès aux réseaux sociaux.

L’attention s’est longtemps portée sur les différences de performance scolaire entre les sexes, avec une tendance à observer de meilleurs résultats chez les filles. Une explication souvent avancée était que les attentes à leur égard étaient plus élevées, tandis qu’une certaine culture dévalorisant les études pouvait pénaliser les garçons. Cependant, cette dynamique semble s’inverser.

Récemment, l’écart entre les sexes s’est réduit, non pas grâce à une progression des garçons, mais en raison d’une baisse des résultats chez les filles. Le Conseil national suédois de l’éducation a présenté fin août un rapport alarmant, soulignant une chute des performances scolaires des filles ces dernières années. L’écart entre les sexes en classe de troisième (équivalent de la neuvième année) n’a jamais été aussi faible.

Cette régression est particulièrement visible en mathématiques, où les garçons obtiennent désormais de meilleures notes que leurs camarades féminines pour la première fois. Le rapport précise que la détérioration des résultats est plus marquée chez les filles d’origine suédoise.

L’Agence nationale suédoise pour l’éducation, en s’appuyant sur d’autres études, avance plusieurs pistes pour expliquer cette tendance. Les filles semblent moins s’épanouir à l’école, ressentent davantage d’anxiété et de stress, et déclarent bénéficier de moins de soutien et d’encouragements de la part de leurs enseignants. De plus, les garçons semblent avoir un meilleur accès aux dispositifs d’aide personnalisée.

Ces éléments semblent constituer une explication plausible. Cependant, un facteur supplémentaire mérite d’être pris en compte : les études mentionnées dans le rapport établissent un lien entre le bien-être des filles et leur utilisation croissante des réseaux sociaux pendant leur temps libre.

Cette observation ne manque pas d’inquiéter les parents d’adolescents, qui voient souvent leurs tentatives de limiter l’accès à ces plateformes se heurter à la difficulté de résister à la pression sociale. Une prise de conscience grandissante émerge, laissant présager un jugement sévère de l’avenir sur les années 2020 : comment a-t-on pu donner aux jeunes un accès aussi libre à des médias sociaux addictifs, axés sur la consommation et l’apparence ? N’a-t-on pas compris les risques ? La réponse est complexe, oscillant entre la difficulté de priver ses enfants d’un environnement social omniprésent et la nécessité d’agir face à des données alarmantes.

Cette situation ne laisse aucun parent d’adolescent indifférent, mais plutôt préoccupé.

Un autre signal d’alarme a été émis cette semaine. Le Karolinska Institutet, en collaboration avec des chercheurs d’une université américaine, a suivi plus de 8 000 enfants âgés de 9 à 14 ans. Les résultats indiquent que les enfants qui passent beaucoup de temps sur Snapchat, TikTok et Instagram présentent une diminution de leur capacité de concentration.

Il est important de noter que cette corrélation ne s’observe pas chez les enfants qui regardent principalement la télévision ou jouent à des jeux vidéo. Il semblerait donc que le contenu spécifique des plateformes sociales ait un impact sur le cerveau des enfants. Selon Torkel Klingberg, professeur de neurosciences cognitives au Karolinska Institutet, cela pourrait être dû aux changements rapides et aux notifications constantes qui captent l’attention des utilisateurs.

Ces conclusions confirment les inquiétudes légitimes des parents et justifient la décision du gouvernement d’examiner la question de la limite d’âge pour l’accès aux réseaux sociaux.

Il est impératif de trouver une solution à ce problème rapidement. Il serait irresponsable de sacrifier une génération de jeunes filles simplement parce que cela semble difficile.

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