Publié le 11 janvier 2026 06:00:00. Sony explore une technologie d’intelligence artificielle capable de jouer à la place des utilisateurs, une innovation qui pourrait transformer l’expérience de jeu vidéo en offrant une assistance personnalisée ou même en complétant des sections entières de jeu.
- Sony a breveté une technologie d’IA, baptisée « joueur fantôme », qui peut prendre le contrôle d’un personnage dans un jeu vidéo.
- Ce système propose deux modes : « Mode Guide », qui démontre la solution à un puzzle, et « Mode Complet », qui termine une section de jeu pour le joueur.
- D’autres acteurs du secteur, comme Microsoft avec son « Copilot for Gaming », développent également des assistants de jeu basés sur l’IA.
L’idée pourrait sembler tirée d’un mauvais film de science-fiction, mais Sony a franchi une étape concrète vers des jeux capables de se jouer presque seuls. L’entreprise japonaise a déposé un brevet pour une technologie d’intelligence artificielle (IA) qui permettrait de générer un « joueur fantôme », une version virtuelle contrôlée par l’IA capable de surmonter des obstacles ou de terminer des niveaux à la place du joueur.
Le brevet, initialement déposé en septembre 2024, a été rendu public cette semaine par l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle. Il décrit un système qui pourrait s’avérer particulièrement utile pour les joueurs bloqués sur des passages difficiles. Imaginez, par exemple, être coincé sur un casse-tête complexe dans un jeu Uncharted. Le « Mode Guide » ferait alors apparaître un Nathan Drake virtuel, piloté par l’IA, qui démontrerait la solution avant que le joueur ne tente de la résoudre lui-même. Plus radical, le « Mode Complet » prendrait le relais et terminerait la section, laissant au joueur le loisir de se détendre et d’observer l’action.
Les jeux vidéo proposent déjà de nombreuses options d’assistance, permettant aux joueurs de sauter des séquences ou de réduire la difficulté. Les jeux de réflexion intègrent souvent des systèmes d’indices pour aider ceux qui sont complètement bloqués. Cependant, certains titres récents de Sony, comme God of War Ragnarok, ont été critiqués pour une aide excessive. Les personnages accompagnant le joueur, les fameux PNJ (personnages non-joueurs), ont tendance à donner des indices trop évidents dès le début d’une énigme, ce qui peut gâcher le plaisir de la découverte.
Selon les documents du brevet, le modèle d’IA serait entraîné à partir d’images existantes du jeu, plutôt que d’une série de commandes préenregistrées par les développeurs. Ce système « joueur fantôme » pourrait être considéré comme une évolution du système « Game Help », lancé en même temps que la PlayStation 5. Lorsque ce dernier est activé, l’aide proposée peut guider les joueurs à travers des images ou des vidéos, accessibles via le système de cartes PS5 directement dans le jeu.
Bien que peu utilisé jusqu’à présent, le système « Game Help » a été apprécié par les fans de PlayStation qui aiment collectionner les trophées, car il offre la commodité de ne pas avoir à consulter un guide sur un autre écran, comme celui d’un téléphone ou d’un ordinateur. Il est important de noter que Sony, comme de nombreuses autres entreprises, dépose régulièrement des brevets de ce type. Tous les brevets approuvés ne se traduisent pas nécessairement par des produits concrets, mais ils donnent une indication des orientations de la recherche et du développement.
La concurrence dans le domaine des assistants de jeu basés sur l’IA s’intensifie. L’année dernière, Microsoft a présenté « Copilot for Gaming », qu’elle décrit comme un « compagnon piloté par l’IA » conçu pour accompagner les joueurs. Un exemple concret présenté à l’époque montrait un joueur de Minecraft demandant à Copilot ce qu’il pouvait fabriquer avec du bois. Un autre exemple illustrait un joueur utilisant l’application mobile Xbox pour demander à l’IA : « Je veux rejouer à Age of Empires IV, peux-tu l’installer ? » L’IA installait alors le jeu et fournissait un résumé de la dernière session.
Reste à savoir si, dans quelques années, nous en arriverons à payer pour que l’IA termine les jeux à notre place, un peu comme si nous regardions une vidéo YouTube ou un streamer sur Twitch.
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