De retour sur Terre après un séjour record de 235 jours à bord de la Station spatiale internationale, l’astronaute française Sophie Adenot est arrivée en Allemagne le 10 octobre 2026. Elle a partagé l’intensité émotionnelle de sa mission historique lors de sa première apparition publique au Centre européen des astronautes à Cologne.
L’arrivée de Sophie Adenot sur le sol européen marque la fin d’un voyage orbital de tous les records. Après avoir amerri jeudi 8 octobre dans l’océan Pacifique au large de la Californie à bord d’une capsule Dragon, la Française de 44 ans est descendue de l’appareil sous les acclamations de collègues et de proches agitant des drapeaux français. Soutenue par deux chirurgiens de l’ESA, elle a refusé le fauteuil roulant préparé pour l’occasion, préférant parcourir les derniers mètres jusqu’au pupitre à pied.
Avec 235 jours passés à bord de la Station spatiale internationale, Sophie Adenot a établi la plus longue mission habitée pour un astronaute européen, hommes et femmes confondus, selon les données de l’ESA.
Le retour sur Terre s’est pourtant révélé particulièrement éprouvant. La capsule transportant l’équipage a dû endurer de fortes vagues pendant vingt-cinq minutes lors de son amerrissage dans le Pacifique. Interrogée en conférence de presse, elle a qualifié cette attente en mer agitée de moment le plus difficile du voyage.

Quand les commandos m’ont extrait de la capsule, la première chose que je leur ai dit, c’est « envoyez-moi dans l’espace, s’il vous plaît ! » C’était beaucoup plus facile là-haut.
Sophie Adenot, astronaute de l’ESA
Le choc de la réadaptation et le cocktail d’émotions de l’astronaute
Lors de sa prise de parole publique à Cologne, l’astronaute a confié être passée par toutes les émotions humaines
. Entre la joie du retour et les rigueurs physiques de la réadaptation, elle a décrit une expérience ultra transformatrice
qui laisse un avant et un après
.
La phase de retour implique des défis physiologiques majeurs dus à l’absence prolongée de gravité. Les astronautes font face à une perte de masse osseuse et musculaire ainsi qu’à un déconditionnement cardiovasculaire. Sophie Adenot a ainsi résumé sa condition actuelle : j’ai l’impression de réapprendre à vivre, comme un bébé qui apprend à marcher
.
Une perspective planétaire depuis la Station spatiale internationale
Depuis l’avant-poste orbital situé à 400 kilomètres d’altitude, observer la Terre a renforcé sa conviction sur la fragilité environnementale de notre monde. Elle a notamment mentionné l’observation des effets du changement climatique, tels que l’assèchement de certains lacs ou le recul de la mer d’Aral.
Il n’y a pas de divisions, pas de frontières. On voit juste une précieuse planète que nous partageons tous.
Sophie Adenot, astronaute de l’Agence spatiale européenne
Cette vision de la coopération internationale a également été saluée par la ministre déléguée aux Armées, Alice Rufo, présente sur place pour l’accueillir. Le président français Emmanuel Macron l’a également félicitée sur le réseau social X pour une mission qui a fait rêver et porté haut les couleurs du pays.
Le programme de récupération et l’avenir des vols habités
Pour retrouver sa condition physique d’avant-vol, Sophie Adenot entame à présent un programme de réadaptation d’environ trois semaines au Centre européen des astronautes. Ce protocole comprend du repos, du temps auprès de ses proches et des exercices ciblés pour tonifier les muscles et restaurer l’équilibre.
Alors que la Station spatiale internationale se dirige vers la fin de son exploitation programmée par les partenaires internationaux d’ici 2030, les données recueillies lors de séjours prolongés comme celui de Sophie Adenot restent indispensables. Elles alimentent les recherches scientifiques sur le comportement de l’organisme humain en apesanteur, un paramètre critique pour les futures expéditions vers la Lune et vers Mars.