L’astronaute française Sophie Adenot est revenue sur Terre jeudi 8 octobre après avoir passé 235 jours à bord de la Station spatiale internationale (ISS). Elle entame désormais un programme de rééducation de trois semaines au Centre européen des astronautes à Cologne pour surmonter les effets physiologiques liés à son long séjour en microgravité.
Le retour sur Terre de l’équipage Crew-12
Après huit mois passés en orbite, Sophie Adenot a amerri dans l’océan Pacifique au large de la Californie, aux côtés de ses coéquipiers de la mission Crew-12. Dès l’extraction de la capsule Crew Dragon, les membres d’équipage ont été installés sur des civières ou des fauteuils adaptés, une mesure de précaution nécessaire pour prévenir les risques de syncope et de chute liés au retour dans un environnement pesant.
L’astronaute française doit maintenant rejoindre Houston, au Texas, avant de s’envoler pour Cologne, en Allemagne. C’est au centre de formation des astronautes de l’Agence spatiale européenne (ESA) qu’elle suivra un protocole de récupération intensif d’environ trois semaines. Cette période est jugée particulièrement sensible
par l’ESA pour la santé des membres d’équipage, dont le système immunitaire a été affaibli par leur séjour prolongé dans l’espace.
Les impacts physiologiques de la microgravité
Le corps humain subit des transformations majeures après un séjour prolongé en apesanteur. Selon Audrey Berthier, thématicienne en sciences de la vie au CNES, le corps s’adapte à l’absence de gravité, ce qui se traduit par de la perte osseuse, une fonte musculaire, un déconditionnement cardiovasculaire, des troubles visuels
. Sophie Adenot avait elle-même confié lors de sa mission ressentir son corps vieillir en accéléré
, notant l’apparition de cheveux blancs, une perte de souplesse et une baisse de la vue nécessitant le port de lunettes.
« Tout d’un coup, on a l’impression d’être un éléphant. Moi, je soutenais ma tête avec les mains pour ne pas qu’elle tombe sur le côté ! »
Thomas Pesquet, astronaute
Outre les vertiges et les risques de vomissements, les astronautes font face à une intolérance orthostatique, c’est-à-dire une difficulté à maintenir la position debout. Le volume de plasma diminue en microgravité, modifiant la régulation de la tension artérielle. Pour limiter ces effets, l’équipage est réhydraté dès son arrivée et équipé de vêtements de compression dans la capsule.

Le protocole de rééducation à Cologne
Le programme de récupération coordonné par Bimba Hoyer, médecin de vol à l’ESA, alterne entre repos et exercices ciblés. Le premier jour est prioritairement consacré au repos en famille et à la physiothérapie. Par la suite, Sophie Adenot effectuera des exercices physiques spécifiques, notamment en piscine, pour renforcer ses muscles, particulièrement ceux du dos qui ont été peu sollicités en microgravité.
Si la marche et la coordination devraient retrouver une certaine fluidité en une semaine, la récupération totale est un processus long. La densité minérale osseuse, qui diminue de 1 % à 2 % par mois en orbite, peut nécessiter jusqu’à un an pour se rétablir. Les troubles visuels, eux aussi, peuvent mettre environ un an à se résorber. Cette phase de suivi médical ne sert pas uniquement l’astronaute : elle permet de récolter des données précieuses pour la recherche médicale sur le vieillissement et pour la préparation des futures missions d’exploration vers la Lune ou Mars, où les équipages devront être capables d’opérer de manière autonome dès leur arrivée.
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