La transparence active et le maintien des droits souverains philippins
Le président Ferdinand Marcos Jr. a maintenu sa politique de transparence active, consistant à documenter et diffuser les interactions entre la garde côtière philippine et les navires chinois. Selon un rapport du ministère de la Défense philippin publié le 10 juin 2026, Manille a augmenté la fréquence de ses missions de ravitaillement vers le BRP Sierra Madre, malgré les manœuvres de blocage chinoises.
L’objectif est d’appliquer le principe selon lequel l’absence d’exercice des droits souverains pourrait affaiblir les revendications juridiques devant la communauté internationale. En maintenant des navires et du personnel sur des récifs stratégiques, les Philippines cherchent à rendre le coût d’une annexion chinoise prohibitif.
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La stratégie actuelle ne consiste pas seulement à protester diplomatiquement, mais à rendre la présence philippine tangible et permanente pour éviter que le statu quo ne glisse vers une domination chinoise totale.
Amiral Ronel Banzon, ancien chef d’état-major des forces armées des Philippines
Le renforcement discret des positions vietnamiennes

Hanoï adopte une approche différente, privilégiant l’expansion matérielle de ses positions. Des images satellites analysées par le Center for Strategic and International Studies (CSIS) en mai 2026 montrent que le Vietnam a accéléré le dragage et la construction d’infrastructures sur plusieurs récifs des Spratleys.
Contrairement aux Philippines, le Vietnam communique peu sur ces opérations. Cependant, le ministère des Affaires étrangères vietnamien a réaffirmé, dans un communiqué du 2 juin 2026, que Hanoï exerce ses droits souverains conformément à la Convention des Nations unies sur le droit de la mer (UNCLOS). Cette stratégie vise à créer des faits accomplis sur le terrain avant que la Chine ne puisse militariser davantage les zones environnantes.
La stratégie d’Indonésie dans la mer de Natuna
L’Indonésie, sous la présidence de Prabowo Subianto, maintient une position nuancée. Jakarta ne revendique pas de partie des îles Spratleys ou Paracels, mais rejette fermement la « ligne en pointillés » chinoise qui empiète sur sa zone économique exclusive (ZEE) dans la mer de Natuna.
Pour contrer l’influence chinoise, le gouvernement indonésien a mis en œuvre deux mesures concrètes :
1. L’augmentation des licences de pêche pour les flottes nationales dans le nord de Natuna.
2. Le déploiement accru de navires de la marine indonésienne (TNI-AL) pour escorter les navires de surveillance.
Selon un rapport du ministère de la Coordination pour les Affaires Politiques, juridiques et de Sécurité d’Indonésie, l’objectif est de démontrer que la zone est activement administrée par Jakarta. L’Indonésie utilise ainsi l’exploitation économique comme outil de souveraineté, transformant la ZEE en un espace de production active pour légitimer son contrôle.
La réponse de Pékin et la tactique de la zone grise
La Chine répond à ces initiatives par l’utilisation de sa « milice maritime », composée de navires de pêche paramilitaires. Le ministère des Affaires étrangères chinois a déclaré, le 12 juin 2026, que les activités des autres pays étaient des « provocations illégales » dans des eaux appartenant à la Chine.
Pékin emploie des tactiques de « zone grise », des actions qui restent sous le seuil du conflit armé mais qui usent les capacités de l’adversaire. Cela inclut l’utilisation de canons à eau et des manœuvres de collision. Le département d’État américain a indiqué, dans un briefing du 18 juin 2026, que ces actions visent à décourager les pays d’Asie du Sud-Est d’exercer leurs droits de navigation et d’extraction.
Les risques d’une escalade par la présence physique
Le déploiement massif de navires et la construction d’îles augmentent le risque d’incidents tactiques. Le traité de défense mutuelle entre les États-Unis et les Philippines reste le principal frein à une offensive chinoise majeure. Washington a confirmé, le 19 juin 2026, que ses engagements de défense s’appliquaient aux attaques contre les navires philippins en mer.
Cependant, la stratégie du « maintien effectif » crée une situation où chaque mouvement est interprété comme une provocation. Si Manille, Hanoï et Jakarta continuent d’augmenter leur présence physique pour ne pas « perdre » leurs droits, la mer de Chine méridionale devient un espace de friction permanente où l’erreur de calcul d’un commandant de navire pourrait déclencher une crise régionale.
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