Le basculement des voix entre Nithya Raman et Spencer Pratt
La dynamique de cette course à la mairie de Los Angeles a radicalement changé depuis la soirée électorale. Initialement, Spencer Pratt, un républicain, semblait tenir la seconde place. Cependant, sa position s’est évaporée à mesure que Nithya Raman, membre des Socialistes Démocrates d’Amérique, rattrapait son retard.
Le resserrement s’est opéré par étapes. Vendredi soir, Raman avait réduit l’avantage de Pratt de près de moitié, le ramenant à un peu plus de 20 000 voix. Le tournant définitif est survenu dimanche soir, lorsque la dernière mise à jour des autorités électorales a montré que Raman avait dépassé Pratt de quelques milliers de voix.
Face à ce résultat, Spencer Pratt maintient une posture optimiste. Il a affirmé lundi que le décompte était loin d’être terminé.
« il reste encore des centaines de milliers de votes en attente, et les responsables de Los Angeles nous ont donné les trois prochaines semaines pour les compter ! Let’s git-r-dun! »
Spencer Pratt
Pour Nithya Raman, ce regain est l’aboutissement d’un effort collectif. Lors d’un discours émotionnel le soir de l’élection, elle avait alors tempéré les attentes :
« nous n’obtiendrons peut-être pas la réponse que nous souhaitons. Mais quoi qu’il arrive ensuite, personne, absolument personne ne peut nous enlever ce que nous avons tous construit ensemble. »
Nithya Raman
Dimanche soir, après avoir repris la tête, elle s’est dite encouragée par le dernier décompte des voix et reste reconnaissante envers les milliers d’Angelenos qui ont porté cette campagne
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Un schéma électoral récurrent en Californie

Ce revirement à Los Angeles n’est pas un cas isolé. NBC News souligne que ce phénomène se répète dans tout l’État : les démocrates gagnent du terrain à mesure que le processus de comptage, notoirement lent en Californie, progresse, porté par une forte participation tardive de l’électorat démocrate.
D’autres courses illustrent cette tendance :
Ce mécanisme de rattrapage transforme des résultats qui semblaient acquis le soir du scrutin en battles serrées, redistribuant les cartes pour les échéances d’automne.
Deux scénarios opposés pour le second tour
L’identité du candidat qui accompagnera Karen Bass au second tour change radicalement l’enjeu politique de l’élection. Un duel Bass-Pratt aurait opposé une figure établie à un candidat se présentant comme un outsider, transformant la mairie en un combat partisan traditionnel entre droite et gauche.
En revanche, un face-à-face Bass-Raman placerait deux démocrates l’une contre l’autre. Nithya Raman, ancienne alliée de Karen Bass, s’est positionnée comme une challenger venant de la gauche.
L’incertitude demeure toutefois quant à l’issue d’un tel duel. Un sondage du Los Angeles Times réalisé avant les primaires indiquait que Bass et Raman menaient toutes deux face à Pratt. Cependant, dans un duel direct Bass-Raman, Raman disposait d’un léger avantage, bien que celui-ci reste dans la marge d’erreur. Le point le plus frappant de ce sondage est l’indécision des électeurs : 40 % des personnes interrogées affirmaient ne pas savoir pour qui voter ou ne pas voter du tout dans un tel scénario.
Les attaques de la campagne de Karen Bass

Alors que Raman gagne du terrain, le camp de la maire actuelle ne reste pas inactif. La stratégie de Karen Bass consiste à peindre Raman comme une candidate trop radicale, incapable de répondre aux besoins de sécurité et d’emploi de la ville.
Alex Stack, porte-parole de la campagne de Bass, a lancé une offensive frontale contre Raman :
« Nous avons hâte de remporter un concours contre une adversaire qui autorise des campements près des écoles et s’oppose au recrutement de davantage de policiers, tout en étant absente lorsqu’il s’agit de sauver les emplois à Hollywood et de réagir quand l’ICE envahit Los Angeles, »
Alex Stack, porte-parole de Karen Bass
Ces accusations ciblent précisément les points de friction majeurs de la politique urbaine à Los Angeles : la gestion des sans-abris, le financement de la police et la protection des immigrés face aux raids de l’ICE.
Le résultat final dépendra désormais des plus de 100 000 bulletins encore non comptabilisés. Si la tendance se confirme, Los Angeles se dirige vers une bataille fratricide au sein du Parti démocrate, où la gestion pragmatique de Bass sera confrontée aux aspirations socialistes de Raman.