Le gouvernement ivoirien a officiellement lancé le 6 octobre 2026 à Abidjan un nouveau projet d’accompagnement des start-ups financières, cofinancé par la Banque africaine de développement et l’État. Cette initiative vise à diversifier l’offre numérique, à améliorer la conformité réglementaire et à renforcer l’inclusion financière dans le pays.
Le lancement officiel du projet à Abidjan-Plateau
Un atelier inaugural s’est tenu le mardi 6 octobre 2026 à Abidjan-Plateau pour marquer le coup d’envoi du projet d’accompagnement du secteur des fintechs en Côte d’Ivoire, selon les informations rapportées par les agences de presse. Les autorités ivoiriennes ont franchi une nouvelle étape dans leur stratégie de numérisation de l’économie. L’événement a rassemblé les principaux acteurs de l’écosystème numérique et financier, parmi lesquels des représentants des banques, des émetteurs de monnaie électronique, de la BCEAO ainsi que la direction de l’innovation du ministère de la Transition numérique.
Soumahoro Dely, conseiller technique et représentant du ministre de l’Économie, des Finances et du Budget, a présidé l’ouverture des travaux. Il a rappelé que les technologies mobiles et l’intelligence artificielle permettent aux jeunes entreprises technologiques de réduire les barrières géographiques et d’atteindre les populations rurales. L’initiative est portée par le ministère de l’Économie à travers l’Agence de promotion de l’inclusion financière.

Un financement conjoint pour transformer l’écosystème
Ces initiatives représentent un engagement global de près de 900 000 unités de compte, ce qui équivaut à environ 684 millions de francs CFA, soit 1,17 million de dollars, d’après les détails fournis par l’Agence Ecofin. Le dispositif bénéficie d’un soutien financier extérieur et national. Il est cofinancé par la Banque africaine de développement et l’État ivoirien dans le cadre du Programme d’appui à l’amélioration du climat des affaires.
Patrice Brou, coordonnateur du programme d’appui et directeur par intérim de l’Agence de promotion de l’inclusion financière, a indiqué que la démarche s’intègre dans la stratégie globale d’amélioration du climat des affaires. Le projet cible trois freins majeurs qui ralentissent la croissance des jeunes pousses locales : les difficultés d’accès au financement, le manque de compétences techniques et les exigences de mise en conformité réglementaire.
La progression rapide de la monnaie électronique
Le taux d’utilisation de la monnaie électronique est passé de 61 % en 2019 à 84,2 % en 2024, selon les données de la BCEAO citées par Alwihda Info. Le projet intervient alors que les services financiers numériques enregistrent des progrès notables dans le pays. Durant la même période, la densité des points de service est passée de 574 à 1 325 pour 1 000 kilomètres carrés.
Le taux d’inclusion financière global a également progressé pour atteindre 58 % en 2024, contre 41 % en 2017 selon les chiffres du Global Findex de la Banque mondiale. Quant au taux de bancarisation strict, il s’est établi à 33,6 % en 2024, contre 19,1 % en 2019. En intégrant les comptes de microfinance, ce taux élargi atteint 46,2 %.
Les défis de la diversification et la structuration des start-ups
Malgré ces indicateurs favorables, les solutions proposées par les start-ups locales restent principalement cantonnées aux services de paiement et aux transferts d’argent. L’objectif affiché des autorités est désormais de stimuler la diversification des offres pour répondre aux besoins non couverts des consommateurs et des entreprises.
Moussa Doumbia, directeur général du Bureau d’études de développements électroniques et technologiques, a indiqué qu’une base de données exhaustive servira de fondation pour élaborer une feuille de route nationale. Pour structurer cet effort, le projet prévoit la mise à jour d’un répertoire national des structures concernées. Les petites et moyennes entreprises ainsi que les jeunes pousses de l’inclusion financière sont invitées à se faire recenser afin de participer aux futurs programmes de renforcement des compétences managériales et techniques.