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Suppression virologique et paysage thérapeutique en expansion

by Sophie Martin

Publié le 2024-10-26 14:35:00. Grâce aux progrès thérapeutiques, le VIH est désormais une maladie chronique gérable plutôt qu’une condamnation à mort, mais des défis persistent pour assurer un accès équitable aux soins et maintenir l’efficacité des traitements.

  • La thérapie antirétrovirale (TAR) permet aux personnes vivant avec le VIH (PVVIH) d’atteindre une suppression virale, rendant la transmission du virus impossible (U=U).
  • L’initiative américaine “Mettre fin à l’épidémie de VIH” (EHE) vise à réduire de 75 % les nouvelles infections et à atteindre une suppression virale chez 95 % des PVVIH d’ici à 2025.
  • Des facteurs tels que les effets secondaires des traitements, les interactions médicamenteuses et la stigmatisation continuent d’entraver l’accès aux soins et l’observance thérapeutique.

Depuis l’approbation de la zidovudine en 1987, le traitement de l’infection par le VIH a connu une révolution. Initialement administrée seule, cette première molécule a rapidement été dépassée par l’apparition de résistances virales. Aujourd’hui, les protocoles thérapeutiques reposent sur des combinaisons de plusieurs médicaments agissant selon des mécanismes différents, optimisant ainsi leur efficacité et limitant le risque de résistance.

Lorsque la TAR est suivie scrupuleusement, elle permet aux PVVIH d’atteindre une suppression virale, c’est-à-dire une quantité d’ARN viral dans le sang inférieure à la limite de détection des tests diagnostiques (généralement moins de 200 copies d’ARNv/mL de sang). Cette avancée majeure a été confirmée par l’étude PARTNER en 2014, qui a démontré que les PVVIH viralement supprimées ne transmettent pas le virus à leurs partenaires séronégatifs. Cette découverte a donné naissance au slogan “Indétectable = Intransmissible” (U=U), un message clé pour lutter contre la stigmatisation et encourager le dépistage.

L’essai START, mené en 2015 (NCT00867048), a également apporté une contribution significative en montrant que le début de la TAR avant une immunosuppression sévère liée au VIH réduisait considérablement le risque de progression vers le SIDA. Ces succès thérapeutiques ont incité les autorités sanitaires à se fixer des objectifs ambitieux, comme l’initiative américaine EHE, qui vise à réduire les nouvelles infections et à contrôler la propagation du virus d’ici à 2030.

Les objectifs précis de l’EHE, fixés pour la période 2017-2025, comprennent une réduction de 75 % des nouvelles infections et des diagnostics de VIH, une augmentation de la suppression virale chez les PVVIH à 95 %, et une amélioration de l’auto-évaluation de l’état de santé des PVVIH diagnostiquées à 95 %. Les données de 2022, les plus récentes disponibles, montrent des progrès, mais un effort supplémentaire est nécessaire pour atteindre ces objectifs, notamment en améliorant l’auto-évaluation de l’état de santé, dont la progression a ralenti.

Les Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC) soulignent que la rétention dans les soins et l’atteinte d’une suppression virale restent des défis majeurs. En 2022, seulement 47 % des PVVIH étaient fidèles à leur suivi médical et 57 % avaient atteint une suppression virale.

Les effets secondaires des traitements peuvent expliquer ces difficultés. Même en cas de suppression virale contrôlée, les patients peuvent souhaiter ou devoir changer de traitement en raison d’événements indésirables ou d’interactions médicamenteuses potentielles. Les recommandations de traitement du VIH publiées en 2024 par le ministère américain de la Santé et des Services sociaux (HHS) identifient plusieurs raisons légitimes pour un changement de traitement, notamment les effets secondaires, les interactions médicamenteuses, le nombre de comprimés à prendre, le coût, la stigmatisation, les inconvénients des médicaments oraux et le désir de simplifier le schéma thérapeutique.

Une publication du Journal américain des soins gérés (AJMC) examine l’évolution du traitement du VIH, en se concentrant sur la manière dont les médicaments existants et les nouvelles options thérapeutiques répondent aux besoins des patients et aux objectifs de santé publique. L’article identifie également les lacunes thérapeutiques persistantes, alors que le paysage du traitement du VIH et la population de patients continuent d’évoluer.

Cet article fait partie du supplément « Gérer le VIH en 2025 : optimiser le traitement après la suppression virologique », accessible ici.

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