Publié le 4 janvier 2026. L’Université de Rangsit s’interroge sur les motivations derrière les initiatives de paix américaines, les qualifiant potentiellement d’un nouvel instrument de domination géopolitique dans un monde en pleine mutation.
- Les États-Unis sont accusés d’ingérence dans les affaires intérieures d’autres nations, notamment au Venezuela.
- Cette politique est perçue comme un retour à un « autoritarisme électif » sous couvert de maintien de la paix.
- L’analyse s’étend à des conflits mondiaux tels que la guerre en Ukraine, les tensions en Europe occidentale et les rivalités en mer de Chine méridionale.
Selon le professeur Suriyasai Katasila, vice-président pour l’administration de l’Université de Rangsit, la communauté internationale critique de plus en plus les actions des États-Unis. Il souligne que l’ingérence et l’enlèvement de dirigeants politiques vénézuéliens ne sont pas un cas isolé, mais plutôt le symptôme d’une transformation profonde de l’ordre mondial. Cette transition marquerait un passage des règles internationales à une ère où l’autoritarisme, présenté sous le voile du maintien de la paix, reprend du terrain.
Le professeur Katasila établit un parallèle entre différentes zones de tensions à travers le monde. De l’Ukraine à la crise sécuritaire en Europe occidentale, en passant par les frictions entre la Thaïlande et le Cambodge, il observe une constante : une « paix déterminée par le pouvoir » qui prime sur une paix fondée sur le consensus entre les États-nations. Il met en évidence le rôle des agences internationales et des mécanismes de maintien de la paix, souvent déployés sur des champs de bataille où les intérêts stratégiques sont en jeu.
La situation dans le détroit de Taiwan est également analysée comme un exemple de cette dynamique. Le conflit entre Taiwan et la Chine ne se limite pas à une question de souveraineté, mais représente un affrontement entre deux visions du monde : un ordre international basé sur des règles et un ordre fondé sur la puissance. Les États-Unis, selon cette analyse, agissent davantage comme arbitres que comme médiateurs, privilégiant la protection de leurs propres intérêts et la sécurité de leurs alliés.
Le professeur Katasila soulève une question cruciale : à qui profite réellement ce type de paix proposé par les États-Unis ? S’agit-il d’un véritable instrument de réduction de la violence ou simplement d’un outil de réorganisation du pouvoir au profit des grandes puissances ? Il affirme que si la paix est obtenue au prix de la violation de la souveraineté d’un État, sa légitimité est intrinsèquement compromise.
Dans ce contexte, il appelle les dirigeants progressistes à adopter une approche plus nuancée, à « regarder au-delà du choix de camp » et à analyser en profondeur les structures de pouvoir mondiales. Il les met en garde contre le risque de devenir des instruments de discours de paix vides de sens, et insiste sur la nécessité de défendre les principes de souveraineté, d’égalité entre les États et de sécurité des populations. La satisfaction des intérêts d’une seule superpuissance ne saurait constituer une base solide pour une paix durable.
Le professeur Katasila conclut en soulignant que le nouvel ordre mondial se construit au milieu des conflits. Il remet en question le rôle des dirigeants actuels, les interrogeant sur la nature de la paix qu’ils proposent et sur les bénéficiaires de cette nouvelle configuration géopolitique. Il rappelle que la véritable paix ne peut être bâtie sur la négation de la dignité nationale et sur le sacrifice de vies innocentes.
