Publié le 2024-11-08 10h30. La NASA s’apprête à tenter une opération inédite : prolonger la vie d’un satellite en fin de mission, Swift, grâce à une entreprise privée spécialisée dans la maintenance spatiale, une étape cruciale pour l’avenir de la gestion des débris orbitaux.
- La NASA a conclu un contrat de 30 millions de dollars avec Katalyst Space Technologies pour tenter de remonter le satellite Swift sur une orbite plus élevée.
- Swift, lancé en 2004, détecte les éclairs gamma et devrait réintégrer l’atmosphère terrestre l’année prochaine.
- Cette mission pourrait ouvrir la voie à la réparation et au ravitaillement d’autres satellites, notamment le télescope spatial Hubble.
Les satellites en orbite basse sont inévitablement soumis à la traînée atmosphérique, une force de friction qui les fait lentement retomber vers la Terre. Bien que cette descente soit progressive, chaque satellite finira par brûler dans les couches supérieures de l’atmosphère. Pour contrer cet effet, les satellites équipés de moteurs, comme la Station spatiale internationale, effectuent régulièrement des manœuvres de correction d’orbite. Les satellites Starlink, par exemple, utilisent leurs propres propulseurs pour des ajustements précis, voire pour une désorbitation contrôlée.
Cependant, de nombreux satellites, comme Swift, ne disposent pas de suffisamment de carburant ou de systèmes de propulsion pour maintenir leur orbite indéfiniment. L’observatoire Neil Gehrels Swift, lancé en novembre 2004, est un cas typique. Sa mission principale consiste à détecter les sursauts gamma, des phénomènes extrêmement énergétiques liés à la collision d’étoiles géantes ou d’étoiles à neutrons. Equipé de trois télescopes (gamma, rayons X, visible et ultraviolet), Swift continue de fonctionner malgré un dysfonctionnement de l’un de ses gyroscopes, résolu grâce à une mise à jour logicielle en avril 2024.
Face à la perspective de la fin de vie de Swift, la NASA a fait appel à Katalyst Space Technologies. L’entreprise, spécialisée dans la réparation et le déplacement de satellites, va tenter de capturer Swift et de le propulser sur une orbite plus élevée. L’opération, prévue pour l’année prochaine, est particulièrement complexe : Swift n’a pas été conçu pour être réparé ou remorqué, et les manœuvres à proximité doivent être effectuées avec une extrême précaution pour ne pas endommager ses instruments sensibles.
Katalyst Space Technologies prévoit de développer un vaisseau spatial non piloté en huit mois, un délai ambitieux compte tenu de la complexité des missions spatiales. L’entreprise utilisera un mécanisme robotique spécial pour s’accrocher à la structure principale du satellite. Si la manœuvre réussit, elle constituera une avancée majeure dans le domaine de la maintenance spatiale et pourrait ouvrir la voie à des missions similaires pour d’autres satellites, notamment le télescope spatial Hubble, lancé en 1990. Bien que Hubble dispose d’un mécanisme de capture installé lors de sa dernière mission de service en 2009, une intervention robotique pourrait être nécessaire pour prolonger sa durée de vie.
Le département américain de la Défense (ou de la Guerre) devrait être le principal bénéficiaire de ces technologies de maintenance spatiale, soulignant l’importance stratégique de la préservation des actifs orbitaux.
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