Publié le 2025-10-21 19:21:00. Un symposium international organisé par CRASSH à l’Université de Cambridge examinera les mutations profondes de la diplomatie scientifique, confrontée à la montée des tensions géopolitiques et à la fragmentation du multilatéralisme.
- La diplomatie scientifique, traditionnellement perçue comme un outil de coopération internationale, est aujourd’hui redéfinie par des enjeux de souveraineté et l’émergence de nouveaux acteurs.
- Le symposium explorera la micropolitique, les infrastructures juridiques et les arrangements socio-matériels qui façonnent la diplomatie scientifique dans la pratique.
- Des chercheurs de premier plan analyseront l’impact de la « science au sens large » et des infrastructures numériques sur la collaboration scientifique mondiale.
Alors que les institutions internationales sont mises à l’épreuve, la manière dont les connaissances scientifiques sont mobilisées et négociées à l’échelle mondiale est en pleine transformation. Le symposium, qui se tiendra en demi-journée, réunira des spécialistes de la sociologie, des études scientifiques et technologiques (STS), de l’histoire des sciences et des études socio-juridiques pour analyser ces évolutions.
Loin de se limiter à un simple instrument stratégique, la diplomatie scientifique est envisagée comme une pratique complexe, qui remodèle les fondements institutionnels et épistémiques de la politique mondiale. Les participants s’intéresseront notamment à la manière dont elle s’exerce en dehors des canaux étatiques traditionnels et à son rôle dans les luttes pour la souveraineté, la confiance et l’avenir de la planète.
Le symposium mettra en lumière l’émergence de nouveaux acteurs dans le domaine de la diplomatie scientifique, tels que des consortiums de chercheurs des pays du Sud, des entreprises privées, des fondations philanthropiques et des organisations autochtones et communautaires. L’objectif est de comprendre comment ces acteurs redéfinissent les règles du jeu au niveau mondial.
Parmi les intervenants figurent Gordon Barrett, chercheur à l’Université de Northumbria dont les travaux portent sur la politique scientifique et technologique en Chine et en Asie de l’Est « Gouvernance mondiale, confiance et engagement démocratique dans le passé et le présent » et co-secrétaire de la Commission sur la science, la technologie et la diplomatie (STAND) de l’IUHPST/DHST Commission sur la science, la technologie et la diplomatie (STAND). Stefan Elbe, professeur émérite de relations internationales à l’Université du Sussex, présentera également ses recherches sur la politique internationale de la santé. Hyo Yoon Kang, lectrice à l’Université de Warwick, interviendra sur le droit et la science, tandis que Sam Robinson, chercheur postdoctoral à l’Université de York, analysera les liens entre science et géopolitique. Enfin, Sonja van Wichelen, professeure à l’Université de Sydney, explorera l’impact de la numérisation sur la collaboration scientifique.
Joy Y. Zhang, professeure de sociologie à l’Université du Kent et directrice fondatrice du Center for Global Science and Epistemic Justice (GSEJ), plaidera pour une conception renouvelée de la diplomatie dans le contexte de la « science au sens large », un phénomène social qui transcende les frontières nationales et disciplinaires. Elle souligne que la légitimité de cette science repose autant sur son fondement civique et éthique que sur son autorité épistémique.
Les inscriptions au symposium sont ouvertes jusqu’au 8 décembre 2025. Les événements organisés par CRASSH sont gratuits et ouverts à tous, sauf indication contraire. Pour participer, veuillez vous inscrire en ligne.