Home SantéSymptômes atypiques de cette maladie en augmentation

Symptômes atypiques de cette maladie en augmentation

by Sophie Martin

Publié le 2024-02-29 14:35:00. Une patiente de 53 ans a présenté un tableau clinique atypique, marqué par des fièvres persistantes et une éruption cutanée, qui a finalement été diagnostiqué comme étant une maladie de Lyme malgré des symptômes inhabituels. Ce cas souligne l’importance d’un diagnostic différentiel large face à l’augmentation des cas de cette infection transmise par les tiques.

  • Une femme de 53 ans a été hospitalisée pour des fièvres récurrentes, des douleurs articulaires et une éruption cutanée.
  • Le diagnostic initial a été complexe en raison de la présentation atypique de la maladie de Lyme, avec des fièvres élevées et une éruption cutanée diffuse.
  • Le nombre de cas de maladie de Lyme est en forte augmentation, notamment dans l’Ohio, avec un doublement des cas confirmés entre 2022 et 2023.

La patiente s’est présentée à l’hôpital après trois semaines de fièvre, oscillant entre 37,8°C (100°F) et 38,3°C (102°F), accompagnée de frissons et de douleurs musculaires. Initialement nocturnes, les épisodes fébriles se sont ensuite manifestés également en matinée, cédant partiellement aux traitements à base d’ibuprofène et de paracétamol. Une semaine après le début de la fièvre, une éruption cutanée rouge, non prurigineuse et plane, est apparue sur la poitrine et le dos, s’étendant progressivement aux bras et aux jambes. Des douleurs articulaires ont également été signalées, affectant les épaules, les coudes, les genoux et les hanches, ainsi que les muscles des bras.

La patiente avait des antécédents médicaux comprenant une fibrillation auriculaire traitée par ablation, de l’hypertension artérielle, de l’hyperlipidémie et de l’asthme. Lors de son admission, elle souffrait de douleurs articulaires exacerbées, fluctuantes et associées à une raideur matinale. La fièvre avait atteint 38,9°C (104°F), l’incitant à consulter aux urgences.

L’examen clinique a révélé une sensibilité légère aux coudes, aux genoux et aux hanches, sans gonflement ni chaleur locale, et une amplitude de mouvement préservée. Des plaques rouges, pâles au toucher, étaient visibles sur la poitrine, le tronc, le dos, les bras et les jambes. Les analyses de laboratoire ont mis en évidence un nombre élevé de globules blancs et des marqueurs inflammatoires élevés, avec une protéine C-réactive (CRP) à 4,3 mg/dL et une vitesse de sédimentation (VS) à 63 mm/h.

Les tests de la fonction rénale et hépatique étaient normaux, de même que les taux de complément. Une protéine M, de type IgM lambda, a été détectée. La ferritine était légèrement élevée, à 267 ng/mL, et les anticorps antinucléaires (ANA) étaient positifs à un titre de 1:320. D’autres tests immunologiques, notamment la recherche d’anticorps ENA et ANCA, étaient négatifs. Une tomodensitométrie (TDM) de la poitrine, de l’abdomen et du bassin n’a révélé aucune anomalie significative, excluant des lésions parenchymateuses telles qu’un abcès ou une atteinte aortique.

Face à ce tableau clinique, les médecins ont envisagé diverses hypothèses. Une infection virale aiguë, comme le parvovirus B19, a été évoquée en raison des fièvres, de l’anémie et des douleurs articulaires, bien que cette infection se manifeste généralement par des atteintes articulaires plus discrètes. Compte tenu de l’éruption cutanée, de la fièvre et de la présence de la protéine M, le syndrome de Schnitzler a également été considéré, bien qu’il soit habituellement associé à une urticaire neutrophile et à une protéine M de type IgM kappa.

L’état normal du foie de la patiente et sa ferritine légèrement élevée rendaient peu probable la maladie de Still de l’adulte. Malgré l’absence d’infection clairement identifiée, les spécialistes en maladies infectieuses ont initié une antibiothérapie, entraînant une diminution de la fièvre, suggérant une origine bactérienne. Les tests PCR pour la recherche d’Anaplasma et de Babesia étaient négatifs, de même que les tests sérologiques pour la fièvre pourprée des Montagnes Rocheuses. Cependant, le Western Blot pour la maladie de Lyme était positif pour les IgG et les IgM.

L’amélioration des douleurs articulaires et de l’éruption cutanée sous antibiothérapie a conforté le diagnostic de maladie de Lyme, en accord avec les sérologies positives. La patiente a reçu un traitement de quatre semaines à la doxycycline, ce qui a permis la résolution des douleurs articulaires et de la fièvre, confirmant ainsi la maladie de Lyme comme diagnostic le plus probable.

Ce cas illustre une présentation inhabituelle de la maladie de Lyme. La fièvre associée à cette infection est généralement modérée et survient aux stades précoces, souvent en association avec un érythème migrant ou un syndrome pseudo-grippal. Des fièvres élevées ne sont pas typiques de la maladie de Lyme et doivent inciter à rechercher d’autres diagnostics ou des co-infections avec d’autres agents pathogènes transmis par les tiques, comme Anaplasma ou Babesia, bien que ces dernières aient été exclues dans ce cas.

L’éruption cutanée de la maladie de Lyme prend généralement la forme d’un érythème migrant, caractérisé par une lésion unique en expansion au site de la piqûre de tique. Bien que des lésions multiples puissent apparaître dans les stades précoces de la maladie disséminée, une éruption cutanée diffuse et non annulaire est inhabituelle. Les fortes fièvres et l’éruption cutanée généralisée observées chez cette patiente étaient donc atypiques.

Ce cas souligne l’importance d’un diagnostic différentiel large et de la sensibilisation au potentiel de présentations atypiques dans les zones endémiques. Les cas de maladie de Lyme sont en augmentation, avec une hausse significative ces dernières années. En 2023, l’Ohio a enregistré 1 301 cas confirmés, contre 554 en 2022, selon le Centre pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC). La vigilance face à la maladie de Lyme dans cette région reste donc essentielle.

You may also like

Leave a Comment