Publié le 26 octobre 2023 à 14h35. La mise en place d’une force internationale de maintien de la paix à Gaza, envisagée par l’administration américaine, se heurte à des réticences de plusieurs pays, préoccupés par l’ambiguïté de la mission et les risques sécuritaires.
- Un déploiement de troupes internationales à Gaza est conditionné à la clarification de leur rôle et de leurs objectifs.
- Plusieurs nations hésitent à s’engager en raison des dangers liés à la présence du Hamas et de ses infrastructures souterraines.
- Des discussions sont en cours pour former une force de police palestinienne locale, avec l’Autorité palestinienne comme candidat potentiel.
L’initiative du président américain Donald Trump, qui prévoit un cessez-le-feu, le désarmement du Hamas et le retrait des forces israéliennes de la bande de Gaza, repose en partie sur la création d’une force de sécurité internationale. Selon le New York Times, cette force aurait pour mission de sécuriser la région, d’empêcher le trafic d’armes, de faciliter l’aide humanitaire et de former les forces de l’ordre palestiniennes.
Cependant, plusieurs États affichent des réserves quant à leur participation. Des diplomates cités par le quotidien américain soulignent que l’incertitude concernant le mandat précis de cette force constitue un obstacle majeur. Certains pays craignent notamment que leur présence ne soit perçue comme une occupation et refusent de s’engager sans garanties claires sur leur rôle.
Plusieurs nations, pressenties pour contribuer à cette force de maintien de la paix, ont exprimé leur inquiétude quant à la possibilité de devoir affronter directement le Hamas au nom d’Israël. D’autres ont mis en garde contre les risques liés aux tunnels creusés par le mouvement islamiste et à la présence de combattants dans les zones urbaines, excluant ainsi un déploiement dans les centres-villes.
Les médiateurs s’efforcent de trouver un compromis pour assurer la stabilité à Gaza, avant que le Hamas ne puisse se réorganiser après le retrait israélien. Des pays tels que l’Indonésie, l’Égypte, la Turquie et l’Azerbaïdjan ont été mentionnés comme des contributeurs potentiels. Le président turc, Recep Tayyip Erdoğan, a déclaré que son gouvernement se joindrait à la force chargée de superviser le cessez-le-feu, sans toutefois préciser s’il s’agissait de la force internationale de stabilisation envisagée. De son côté, le président indonésien Prabowo Subianto a annoncé devant l’Assemblée des Nations Unies que son pays était prêt à déployer plus de 20 000 soldats aux Nations Unies pour “aider à rétablir la paix dans la bande de Gaza”.
Les diplomates mettent en garde contre les conséquences d’une absence de force internationale et d’un gouvernement local stable, qui pourrait permettre au Hamas de conserver son pouvoir. Des analystes soulignent également que les pays arabes hésitent à envoyer leurs troupes à Gaza, craignant des affrontements avec les combattants du Hamas. Parallèlement, des discussions sont en cours pour la création d’une police palestinienne distincte, chargée de maintenir l’ordre à l’intérieur de la bande de Gaza, l’Autorité palestinienne, qui gère déjà la police en Cisjordanie, étant considérée comme le candidat le plus approprié pour cette tâche, malgré l’opposition israélienne.
