Les dermatologues alertent sur la hausse des tendances « tanline » et « tanmaxxing » sur TikTok et Instagram, qui incitent les adolescents à s'exposer sans protection solaire.
L’émergence des « burn lines » et du « tanmaxxing » sur les réseaux sociaux
L’exposition volontaire au soleil sans protection est devenue un contenu viral sur TikTok et Instagram. Sous le hashtag « tan lines », on dénombre près de 150 000 publications sur TikTok et plus d’un million sur Instagram. La tendance des « burn lines » (lignes de brûlures) pousse particulièrement les adolescentes à rechercher des marques de bronzage très délimitées, acceptant même la peau rougie ou pelante comme un signe de réussite esthétique.
Certains utilisateurs partagent des conseils pour accélérer ce processus, recommandant l’application d’huiles de bronzage, de monoï ou même d’huile d’olive sur la peau pour intensifier l’effet du soleil. Ces pratiques se propagent via les algorithmes de recommandation, exposant les jeunes utilisateurs à des flux constants de vidéos valorisant le bronzage intensif sans protection.
Des risques immédiats de brûlures au deuxième degré
L’utilisation d’accélérateurs de bronzage et l’absence de crème solaire entraînent des conséquences sanitaires immédiates. Selon Christophe Bedane, dermatologue au CHU de Dijon et membre de la Société Française de Dermatologie, le risque principal est le coup de soleil aigu.

« Le premier risque est de prendre un coup de soleil aigu, c’est-à-dire une brûlure du premier degré », explique-t-il. « Avec des accélérateurs de bronzage comme des huiles, il est même possible d’avoir une brûlure de deuxième degré avec l’apparition de cloques qui peuvent vous envoyer à l’hôpital. »
Cette tendance, dont l’origine remonterait à l’Australie en janvier 2025, banalise les dommages cutanés. L’application d’huiles sur la peau agit comme un amplificateur des rayons UV, augmentant drastiquement la probabilité de lésions dermiques sévères.
Une corrélation avec la hausse des mélanomes et des cancers de la peau
L'inquiétude des professionnels de santé s'étend sur le long terme.

Ces contenus découragent l'usage de protections solaires et banalisent les coups de soleil, renforçant ainsi des habitudes à risque chez les jeunes.
La nécessité d’une prévention accrue face à la désinformation
La pression sociale exercée par les réseaux sociaux rend la prévention difficile. Des témoignages d’adolescents indiquent que les vidéos apparaissent quotidiennement dans leurs fils d’actualité, créant un désir d’imitation. Certains jeunes évitent même la crème solaire par crainte d’entraver le processus de bronzage ou en raison de fausses informations circulant en ligne.
L’utilisation de protections solaires et la consultation d’un professionnel de santé sont recommandées pour tout suivi dermatologique.
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