Publié le 16 janvier 2026 à 06h55. Des millions de salariés néerlandais assurés par un assureur privé pour leur retraite pourraient subir une perte significative de leurs droits à la pension en cas de changement d’emploi, en raison de la transition vers le nouveau système de retraite.
- Les travailleurs néerlandais assurés via un contrat d’assurance retraite individuel pourraient accumuler plusieurs milliers, voire des dizaines de milliers d’euros de moins que prévu.
- Les experts recommandent de négocier une augmentation de salaire lors d’un changement d’emploi pour compenser cette perte potentielle.
- La plupart des entreprises conservent l’ancien régime pour leurs employés les plus âgés afin d’éviter une baisse des droits à la pension.
La transition vers le nouveau système de retraite, qui doit être achevée au plus tard le 1er janvier 2028, introduit un nouveau risque pour les 1,6 million de salariés néerlandais qui ne bénéficient pas d’un fonds de pension collectif, mais d’une assurance retraite auprès de leur employeur. Environ 57 000 contrats lient actuellement les entreprises à ces assureurs.
Le nouveau système prévoit une cotisation uniforme pour tous les assurés, quel que soit leur âge, contrairement au système actuel où les cotisations augmentent avec l’âge. Si cette uniformisation peut sembler avantageuse, elle peut entraîner une perte de droits pour ceux qui cotisent déjà à un taux élevé.
« Cela pourrait signifier des milliers, voire des dizaines de milliers d’euros de capital retraite en moins », explique Frank Verschuren, conseiller en retraite chez AethiQs, une société spécialisée dans le conseil aux entreprises et aux comités d’entreprise. « Les salariés ne sont pas suffisamment conscients de ce danger. »
Le professeur d’économie Marike Knoef, associée au groupe de réflexion sur les retraites Netspar, confirme ce risque : « Le nouveau système présente de nombreux avantages, mais un changement aussi important peut avoir des conséquences négatives dans certains cas. »
Une solution existe : les entreprises peuvent opter pour une mesure dite de « déférence », qui permet aux salariés employés avant 2028 de rester dans l’ancien régime. Cela évite une perte de droits à la pension. Les nouveaux embauchés rejoindront alors le nouveau régime, avec des cotisations uniformes.
La majorité des entreprises choisissent cette option, selon Verschuren. « Les salariés plus âgés n’apprécieront pas de voir leurs droits à la pension diminuer en fin de carrière. Les employeurs souhaitent donc maintenir le dispositif existant pour eux. »
Cependant, cette solution ne protège pas les salariés qui changent d’emploi. Ils rejoindront le nouveau régime chez leur nouvel employeur, et pourraient subir une perte de droits si leur cotisation actuelle est plus élevée que la cotisation uniforme du nouveau régime.
Les salariés de plus de 40 ou 50 ans qui changent d’emploi risquent particulièrement de voir leurs droits à la pension diminuer. Verschuren conseille de bien réfléchir avant de changer d’emploi ou de négocier une compensation financière. « À cet âge, il faut y réfléchir à deux fois avant de changer d’emploi. Plus la date de la retraite approche, plus le problème s’aggrave. »
Si les cotisations diminuent, il est important de mettre l’argent supplémentaire de côté soi-même. Knoef souligne le manque de sensibilisation aux questions de retraite : « Il est parfois choquant de voir à quel point les gens y pensent peu. C’est de l’argent important pour vos vieux jours. Il faudrait vraiment y prêter plus d’attention. »
L’Autorité néerlandaise des marchés financiers (AFM) a récemment exhorté les assureurs et les employeurs à informer clairement les salariés des conséquences d’un changement d’emploi. L’Association néerlandaise des assureurs indique que les assureurs signalent déjà ce risque sur leurs sites Internet, dans leurs rapports annuels sur les retraites et dans une lettre envoyée aux salariés lors de leur départ.



