Publié le 9 janvier 2026. Le nouveau pape Léon a dénoncé avec virulence le recours à la force sur la scène internationale, lors d’un discours annuel marquant son premier véritable positionnement sur les enjeux géopolitiques. Il a également appelé à respecter la volonté du peuple vénézuélien, dans un contexte de tensions persistantes.
- Le pape Léon a critiqué l’inefficacité des organisations internationales face aux conflits mondiaux.
- Il a dénoncé une « mode » retrouvée pour la guerre et un « zèle » croissant pour le conflit.
- Il a appelé à protéger les droits humains au Venezuela et a mis en garde contre un rétrécissement des libertés d’expression en Occident.
Dans un discours prononcé devant quelque 184 ambassadeurs accrédités auprès du Vatican, le pape Léon, élu en mai dernier, a adopté un ton plus ferme que lors des premiers mois de son pontificat. Ce discours, traditionnellement consacré à l’état du monde, marque une inflexion notable dans sa diplomatie.
Le pontife a exprimé sa préoccupation face à la faiblesse des institutions internationales, les jugeant incapables de prévenir ou de résoudre les crises. Il a souligné que la diplomatie, autrefois axée sur le dialogue et la recherche de consensus, était désormais trop souvent remplacée par une approche basée sur la force.
« La guerre est de nouveau à la mode et un zèle pour la guerre se répand »
Léon, Pape
Léon s’est également prononcé sur la situation au Venezuela, appelant les gouvernements du monde entier à « respecter la volonté » du peuple vénézuélien. Cette prise de position intervient après la capture du président vénézuélien Nicolas Maduro par les forces américaines, sur ordre du président Donald Trump, le week-end précédent. Le pape a insisté sur la nécessité de « sauvegarder les droits humains et civils » des Vénézuéliens.
Au-delà des conflits géopolitiques, le pape Léon a abordé des questions de société, dénonçant les pratiques d’avortement, d’euthanasie et de gestation pour autrui. Il a également mis en garde contre un « rétrécissement rapide » de la liberté d’expression dans les pays occidentaux, dénonçant un « nouveau langage de style orwellien » qui, sous prétexte d’inclusivité, exclurait ceux qui ne se conforment pas à certaines idéologies.
« Un nouveau langage de style orwellien se développe qui, dans une tentative d’être de plus en plus inclusif, finit par exclure ceux qui ne se conforment pas aux idéologies qui l’alimentent »
Léon, Pape
Le pape a également évoqué une forme de « discrimination religieuse subtile » dont souffriraient les chrétiens en Europe et en Amérique. Léon, ancien cardinal américain Robert Prevost, a été missionnaire au Pérou pendant des décennies avant d’être élu pape. Il avait déjà critiqué certaines politiques de Donald Trump, notamment en matière d’immigration, sans toutefois le nommer explicitement dans son discours de vendredi.
Les ambassadeurs des États-Unis et du Venezuela près le Saint-Siège étaient présents lors de cette allocution, qui contraste avec le style plus discret et diplomatique adopté par Léon durant ses huit premiers mois de pontificat.
