L’aéroport de Nice-Côte d’Azur va bénéficier d’un renforcement significatif de ses équipes de contrôle aérien dans les trois prochaines années, suite à un incident évité de justesse en septembre dernier. Cette annonce du ministre des Transports, Philippe Tabarot, intervient alors que l’aéroport est confronté à une augmentation constante du trafic.
Le 21 septembre, vers 23h30, un avion de la compagnie tunisienne Nouvel Air a amorcé sa descente vers une piste déjà occupée par un appareil easyJet sur le point de décoller. Une réaction rapide des contrôleurs aériens, avec une remise de gaz immédiate, a permis d’éviter une collision potentiellement catastrophique. Le Bureau d’enquêtes et d’analyses pour la sécurité de l’aviation civile (BEA) poursuit son enquête pour déterminer les circonstances exactes de cet événement.
L’incident a mis en évidence les fortes pressions exercées sur les contrôleurs aériens niçois. « L’aéroport de Nice traite pratiquement, avec des personnels équivalents, le trafic de Roissy-Charles-de-Gaulle », a reconnu le ministre Tabarot lors d’une intervention sur BFM Nice Côte d’Azur. Avec plus de 14 millions de passagers par an, l’aéroport est devenu l’un des plus fréquentés de France, avec une activité soutenue tout au long de l’année.
Ce renforcement des effectifs, qui prévoit l’arrivée d’une trentaine de contrôleurs aériens supplémentaires d’ici trois ans, s’inscrit dans la continuité d’une inspection générale ordonnée par le ministre le 11 juillet dernier, concernant les tours de contrôle d’Aix-Marseille et de Nice, en raison de « sous-performances avec des retards conséquents ».
Au-delà de l’augmentation du nombre de contrôleurs, des mesures de contrôle accrues seront mises en place. Parmi celles-ci, l’installation prochaine d’un système de badge biométrique, validé par la Commission Nationale de l’Informatique et des Libertés (CNIL) et le Conseil d’État, afin de vérifier la présence effective des contrôleurs à leur poste. Selon Philippe Tabarot, ce dispositif vise à « rationaliser l’organisation » et à « garantir la performance ».
Cette décision fait suite à des critiques formulées anonymement par certains contrôleurs, qui avaient évoqué des problèmes d’éclairage et des pistes jugées trop étroites, susceptibles d’accroître le risque d’erreur. Le ministre a insisté sur « un devoir de neutralité » et une « rigueur absolue » dans un secteur où la sécurité dépend de la précision et de la fiabilité humaine. « Il faut que chacun soit à son poste, pleinement concentré sur sa mission », a-t-il déclaré.
En attendant la publication des conclusions du BEA, le gouvernement entend prendre des mesures préventives. « Nous tirerons toutes les conséquences nécessaires pour garantir la sécurité de nos concitoyens et des passagers », a conclu Philippe Tabarot. Avec ces renforts et un contrôle renforcé, la tour de contrôle de Nice entame une nouvelle phase de vigilance, sous la supervision attentive de Paris.
