Publié le 2024-05-16 10:30:00. Une nouvelle étude de la Commission Lancet révèle que près de la moitié des cas de démence pourraient être évités ou retardés en agissant sur 14 facteurs de risque modifiables, soulignant l’importance cruciale de la prévention pour la santé cérébrale.
- La Commission Lancet a identifié 14 facteurs de risque modifiables de démence, dont deux nouveaux : un taux élevé de cholestérol LDL et une perte de vision non traitée.
- En réduisant ces facteurs, jusqu’à 45 % des cas de démence pourraient être prévenus ou retardés, selon les estimations.
- La prévention de la démence est un processus continu, débutant dès l’enfance et impliquant un mode de vie sain, une bonne santé sensorielle et une intégration sociale active.
La démence n’est pas une fatalité. C’est le message fort qui ressort d’un rapport actualisé en 2024 par la Commission Lancet sur la prévention, l’intervention et les soins de la démence. Les experts y identifient désormais 14 facteurs de risque sur lesquels il est possible d’agir, ouvrant de nouvelles perspectives dans la lutte contre le déclin cognitif.
Selon les estimations de la commission, l’élimination de ces facteurs pourrait théoriquement prévenir ou retarder jusqu’à 45 % de tous les cas de démence dans le monde. Ce chiffre, bien que théorique, souligne le potentiel immense de la prévention et met en avant le rôle préventif des changements de mode de vie et des soins médicaux.
Une liste élargie : du cholestérol à la vue
Le dernier rapport de la Commission Lancet ajoute deux nouveaux éléments à la liste existante de douze facteurs de risque : un taux élevé de cholestérol LDL (le « mauvais » cholestérol) à l’âge adulte et une perte de vision non corrigée chez les personnes âgées. Ces deux facteurs à eux seuls sont associés à 9 % de tous les cas de démence. Plus précisément, on estime que 7 % des cas sont liés à un taux élevé de cholestérol LDL vers l’âge de 40 ans et 2 % à une mauvaise vision non corrigée.
Les douze autres facteurs de risque déjà connus comprennent un faible niveau d’éducation, l’hypertension artérielle, l’obésité, une consommation excessive d’alcool, les traumatismes crâniens, la perte auditive, le tabagisme, la dépression, l’isolement social, l’inactivité physique, le diabète et la pollution de l’air.
Un focus sur le style de vie : prendre soin de son cerveau tout au long de sa vie
La prévention de la démence est un processus qui s’étend sur toute la durée de la vie, de l’enfance à la vieillesse. Un niveau d’éducation insuffisant durant la jeunesse est considéré comme l’un des facteurs de risque les plus importants. Entre 40 et 65 ans, la plupart des facteurs modifiables exercent leur influence maximale. Il est alors crucial de contrôler les risques vasculaires tels que l’hypertension artérielle, le diabète, l’obésité et l’hypercholestérolémie.
Un mode de vie sain, incluant une activité physique régulière, l’absence de tabagisme et une consommation modérée d’alcool, est également essentiel. Une consommation excessive d’alcool, définie comme plus de trois litres de bière ou deux litres de vin par semaine, peut entraîner une perte de matière grise dans le cerveau.
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Santé sensorielle et intégration sociale : des facteurs de protection
Les nouvelles découvertes soulignent l’importance de la santé sensorielle. La perte auditive non traitée et la baisse de la vision peuvent augmenter le risque de démence. Le mécanisme sous-jacent est complexe : les personnes malentendantes ou malvoyantes ont tendance à s’isoler socialement. Cet isolement entraîne une diminution de la stimulation cérébrale et peut réduire les performances cognitives. L’isolement social et l’inactivité cognitive qui en résultent sont considérés comme des facteurs de risque à part entière.
Les experts recommandent donc vivement l’utilisation d’aides auditives et visuelles, ainsi que le maintien d’une vie sociale active, afin de préserver la santé du cerveau.
Contexte et analyse : le potentiel considérable de la prévention
Les calculs de la Commission Lancet, qui suggèrent un potentiel de prévention de 45 %, doivent être interprétés comme un scénario théorique idéal où tous les 14 facteurs de risque seraient complètement éliminés. Bien que difficilement réalisable en pratique, ce chiffre met en évidence l’énorme potentiel de la prévention. Des experts comme Stefanie G. Riedel-Heller de l’hôpital universitaire de Leipzig soulignent qu’une réduction réaliste des facteurs de risque au niveau de la population aurait déjà un impact significatif.
De nombreux facteurs de risque endommagent les vaisseaux sanguins et le métabolisme, favorisent l’inflammation du cerveau ou affaiblissent la « réserve cognitive » – la capacité du cerveau à résister aux dommages.
Perspectives d’avenir : de la recherche à la pratique
Les conclusions de la Commission Lancet devraient avoir un impact significatif sur les politiques de santé, la pratique clinique et les programmes de recherche. Les futurs rapports pourraient identifier d’autres facteurs de risque modifiables ; le manque de sommeil est déjà évoqué comme un candidat possible. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a également publié des recommandations soulignant l’importance des mesures de santé publique.
Pour les individus, le message est clair : il n’est jamais trop tôt ni trop tard pour commencer à agir. Contrôler sa tension artérielle, adopter une alimentation saine, faire de l’exercice régulièrement et maintenir une vie sociale et intellectuelle active sont des mesures concrètes que chacun peut prendre pour préserver la santé de son cerveau.
