Publié le 13 décembre 2025 à 14h12. Les affrontements entre le Cambodge et la Thaïlande se sont intensifiés ce samedi, malgré les déclarations optimistes du président américain Donald Trump sur un cessez-le-feu, conduisant Phnom Penh à fermer complètement sa frontière avec son voisin.
- Au moins 25 personnes ont perdu la vie cette semaine dans les combats, dont quatre soldats thaïlandais tués samedi.
- Le Cambodge a suspendu tous les mouvements transfrontaliers « jusqu’à nouvel ordre ».
- Bangkok a nié avoir convenu d’un cessez-le-feu avec Phnom Penh, et a annoncé la poursuite d’opérations militaires.
La situation à la frontière cambodgienne-thaïlandaise s’est envenimée ce samedi, avec la fermeture des postes frontaliers par le Cambodge en réponse à la poursuite des combats. Cette décision intervient après que le président américain Donald Trump a affirmé que les deux pays étaient parvenus à un accord pour mettre fin aux hostilités meurtrières, une information démentie par Bangkok.
Selon le ministère thaïlandais de la Défense, quatre soldats thaïlandais ont été tués samedi dans la zone frontalière, portant à 14 le nombre total de militaires thaïlandais décédés cette semaine. Le Cambodge a quant à lui fait état de la mort de quatre civils.
Dans un communiqué, le ministère cambodgien de l’Intérieur a annoncé la « suspension complète de tous les mouvements d’entrée et de sortie aux postes frontaliers » entre les deux pays, sans préciser de date de réouverture.
Le Premier ministre thaïlandais Anutin Charnvirakul a déclaré sur Facebook que son pays « continuera à mener des actions militaires » contre le Cambodge. Il a également contesté les affirmations de Trump, affirmant que le président américain « n’a pas indiqué si nous devions établir un cessez-le-feu » lors d’un appel téléphonique vendredi.
« Nos actions de ce matin disent déjà tout. »
Anutin Charnvirakul, Premier ministre thaïlandais
Les autorités thaïlandaises ont confirmé des « représailles » contre des cibles cambodgiennes samedi à 5h50 heure locale (22h50 GMT vendredi). Selon le porte-parole thaïlandais Chakkrit Thammavichai, l’aviation thaïlandaise a « réussi à détruire » deux ponts au Cambodge, considérés comme des voies d’approvisionnement pour les combattants.
Le ministère cambodgien de la Défense a dénoncé l’utilisation par l’armée thaïlandaise de deux avions de combat F-16 pour larguer sept bombes sur son territoire. Le ministre de l’Information Neth Pheaktra a accusé la Thaïlande d’« étendre ses attaques aux infrastructures civiles et aux civils cambodgiens ».
Ces hostilités interviennent quelques heures après l’annonce par Donald Trump d’un accord de cessez-le-feu entre les deux pays, suite à des conversations téléphoniques avec les Premiers ministres cambodgien et thaïlandais.
« J’ai eu une très bonne conversation ce matin avec le Premier ministre thaïlandais, Anutin Charnvirakul, et le Premier ministre cambodgien, Hun Manet, sur la très malheureuse résurgence de leur longue guerre. »
Donald Trump, président américain
Trump a affirmé que la Thaïlande et le Cambodge avaient « convenu de cesser tous les tirs à partir de ce soir et de revenir à l’accord de paix initial » conclu sous sa médiation et celle de la Malaisie en juillet. Il a également ajouté que les deux pays étaient « prêts à faire la PAIX et à poursuivre leurs échanges commerciaux avec les États-Unis d’Amérique ».
Après l’entretien téléphonique, le Premier ministre thaïlandais avait déclaré qu’il fallait « annoncer au monde entier que le Cambodge respecterait le cessez-le-feu ». Il avait également souligné que « c’est celui qui a violé l’accord qui doit résoudre la situation, et non celui qui l’a subi ».
Le Premier ministre cambodgien Hun Manet a déclaré sur Facebook que le Cambodge avait « toujours opté pour des moyens pacifiques pour résoudre ses différends ». Il a également suggéré aux États-Unis et à la Malaisie d’utiliser leurs capacités de renseignement « pour vérifier quelle partie avait ouvert le feu en premier » le 7 décembre.
Les combats actuels, qui en sont à leur septième jour, dépassent en durée l’épisode de violence de juillet dernier, qui avait fait 43 morts et contraint environ 300 000 personnes à évacuer. Les États-Unis, la Chine et la Malaisie étaient alors intervenus pour négocier un cessez-le-feu, et en octobre, Donald Trump avait approuvé une déclaration commune d’accord de paix. Cependant, la Thaïlande avait suspendu cet accord le mois suivant, après que plusieurs de ses soldats aient été blessés par des mines terrestres à la frontière.
